LA MORT

Hier nuit,

Au creux d’un noir ami,

Sans témoin,

Blotti dans un trop petit coussin,

Des larmes inattendues,

D’abord contenues,

Puis une grosse,

Qui sort de cette chair et d’os,

Qui s’assèche en descente,

Pour peindre une coulée brillante,

Puis une seconde,

Le fond de l’œil s’inonde,

Toujours recroquevillé,

Les doigts viennent essuyer,

La joue, elle, reste mouillée,

Alors, figé, de nouveau, je m’endormirai,

Avec la force de l’impuissance,

Un dessin collé reflète le vide en balance,

Éventré, les bras qui pendent,

Les mots à l’amende,

Les yeux trempés, boursouflés,

De voir ce banc de sable qui disparaît…

…qui s’échappe entre les doigts,

Comme la fumée par dessus les toits…

…Avec la brume et les nuages se mélange,

Ma main se tend pour toucher ce que mon esprit pleure et voit, un ange.

Toi.

PAT ET CHWORK

Les arbres sont à l’abri d’eux mêmes….
Voilà peut être pourquoi ils vivent si longtemps.
Ils ne craignent que d’être déracinés.

Une succession de plis et de creux tisse un drap.
Une couverture.
Une protection.

Le ciel a zébré après le passage de l’orage…..Le ciel, lui, était devenu auparavant tout noir. D’un coup. Noir de colère peut-être….il n’était pas content on dirait car il s’est déchaîné. Il est resté sage cependant. Il n’a rien emporté, il a juste prévenu.

Et, pendant ces instants, l’homme, habituellement grande bouche, soucieux de la nature quand.……non, non, soucieux de rien du tout, se tait. Il la ferme bien fort. Il fait le roseau. Et les plus souples peuvent toujours se toucher les pieds en attendant que ça passe…

L’homme et sa technologie sont hautains. Ils passent à côté de la nature comme nous passons tous à côté d’un clochard. En le regardant de trop haut, en lui donnant la pièce parfois.

Et puis, de temps en temps, elle se fâche.

L’homme s’en étonne et fait plein de reportages. Sur les conséquences. Mais jamais sur les « pourquoi ». Dès fois que celui qui filme se retrouve à l’image.

Mais c’est bien pour elle que les bipèdes devraient « construire des églises ». Certains humains dans certains pays l’ont compris.

D’autres continuent à jouer la comédie et à bouffer des hosties.

Un bon ouragan pour emporter tout ça…..

Amen.

FUYEZ !

Ecoutez bien.

Observez ces vagues qui, sans cesse, reviennent et se fracassent sur ces roches. Elles gardent leur courage et n’abandonnent jamais.

Ecoutez bien.

Regardez les assumer leurs échecs sans même se plaindre. Elles ne se consument pas et gardent de la force pour s’assurer du trépas, un jour, de ces cailloux lourds, immobiles.

Ecoutez bien.

Le mouvement aura raison de ces rochers. Un jour, ces vagues vont gagner. L’une d’entre elle fendra la terre, la fera céder, abdiquer, usée des coups de boutoirs résolus et déterminés.

Ecoutez moi

Ce jour, cette eau courageuse, silencieuse sur ses ambitions passera par dessus la pierre, la dominera, l’inondera et l’étouffera. Elle dévalera.

Elle ne se privera pas après tous ces efforts. La vitesse sera sa vengeance et son réconfort. La récompense de son énergie dissipée.

Rien sur la terre ne lui résistera.

Et ce jour là, moi, je serai en montagne.