EN PENSANT….

La folie de certains soulève la torpeur des foules.
Elle est un battement des cœurs.

De la lâcheté,
Les oreilles, la première barrière,
La bouche, la première porte,
Les yeux, le témoin.

« Baisser la garde » n’est pas envisageable.
Ceux qui la baissent ou sont obligés de la baisser mordent la poussière sur le bas côté. Se marginalisent. Se clochardisent.
En tout cas disent au revoir aux rails de coke de la « normalité ».

EN CABANE

(Lui)….Voilà, c’est fini.

(Elle)…Mais, dites moi,à l’avenir, vous reprendrez bien un peu de désert ?

(Lui)…Ce sera nécessaire oui.

(Elle)…Ils seront des déserts sans frontières. Sans grains de sable, si j’ose dire !

(Lui)…Si. Les grains de sable roulent sous nos pieds en permanence. Il y en a partout. C’est le principe du grain de sable.

(Elle) …je vois…

(Lui)..aussi petits soient ils physiquement, et introuvables, ils occupent l’entièreté de nos esprits.

(Elle)…de petit grain en gros orage….

(Lui)…oui, c’est cela !.Exactement. Le rien qui vous inonde. De grain en grain, une chaîne de montagne. Nos difficultés en somme. Nos propriétés privantes.

(Elle)…je vois…et dans le désert….

(Il la coupe)…nous entendons tout.

(Elle)…et nous réglons tout ?

(Lui)…Non. C’est la raison pour laquelle il faut y revenir.

EN VIN

Je m’astreins avec application à un régime alcoolique végétarien.
A base de Chartreuse.

Mon foie, c’est la route des vins,
La déroute des veines,
Il devient vain de l’éponger,
Mon foie fuit,
Il est inondé de vin,
Il ne faut pas être devin,
Ni trois,
Ni vingt,
Le vin m’envahit,
Ma foi, je deviens alcoolique,
Pour les fêtes seulement,
Pas le reste du temps,
Un vigneron me l’a garanti,
Je lui fais confiance,
Il m’a con-vin-cul,
Et vingt culs nous font autant de bouteilles,
Jolie cul’lection, n’est ce pas ?
C’est le fond de l’histoire,
Mais, lorsque tu l’aperçois, c’est qu’il est sec,
Alors, ces culs de bouteilles,
Pour les voir, il faut les boire…
Pour croire, il faut boire…
…cul sec !…
En tout cas, pour moi, c’est tout bu….!

PENDU A LA TERRE

Parodier le suicide est déjà la synthèse du sérieux que nos concitoyens accordent de nos jours aux choses qui s’écrasent à coté d’eux.

Entendons par « chose », « le malheur de chose », de « bidule », de  » l’autre là bas ». Tu sais, le type. Là. Celui qu’avait 100 vaches et 15 hectares.

Y’s’est foutu sous son tracteur, pour finir de se labourer, se planter dans la terre.

Parodier pour alerter.

Faire sourire alors que la terre se mélange au sang et à la poudre.

C’est dire l’impuissance de l’esprit et l’abandon des nourrissants.

Les « sachants » de la terre ne sont pas justement considérés.

La FRANCE, pays de terroirs, coiffée du béret et la baguette en étendart,

…La baguette…!…tu peux t’asseoir dessus connard !

Prends une flûte, tu devrais doubler tes émotions…

L’agriculteur se meurt.

Depuis si longtemps qu’il l’apprend à l’école.

Tirer au fusil ou sauter à la corde font partie du savoir faire,

Au cas où, pour ne faire plus qu’un avec son outil, la terre,

Pour rester discret, avant que la langue ne fourche, pour savoir ne plus être,

Les gens qui se baissent, poussent et soulèvent sont libres… oui, libres de s’en mettre une dans la tête,

Parce qu ‘il faut faire vivre les chiffres,

Les statistiques, ça se respecte,

Les infléchir est fatiguant pour les sans gants,

Compter est plus facile que réduire,

Comme la vie est bien faite, la terre et la mer offrent,

Et ceux qui les travaillent souffrent,

Assez de cadeaux comme ça, profitez déjà de la magie de la nature,

Ne venez pas noircir tout ça avec le sale argent,

Point besoin de maisons de marbre et de voitures en verre,

ça, c’est fait pour les gens bien élevés,

Le grand air, c’est déjà bien payé !

Privilégiés !…

(………………..)

….Ce champ est juste l’aire du temps,

Il est préférable de « pousser des citrouilles » à 22 avec des crampons plutôt que de les faire pousser seul en bottes.

L’agriculteur se meurt.

Alors qu’il nous fait manger.

Et si je m’en remet à la chaîne alimentaire…

AU TRAIN OU L’ON VA

Sept bipèdes m’entourent.
J’observe, oreilles traversées,
Sept bipèdes qui ne se regardent pas.
Ne se touchent pas.
Ne se parlent pas.

S’ignorent même.

C’est bien là que nous en sommes,
Sept bipèdes tête baissée,
Sur un écran éclairant,
Regards lâches, fuyants,
Et la pensée dans tout ça,
Et la chaleur en moi,

Dissipe là, oublie la même,

Admets l’évolution des temps,
La tête plie, le cou bave,
Le corps se soumet, pend,
Au poids de l’écran qui, de toi, fait un esclave….

…Alors, accroche toi à la lampe,
Ne regarde pas devant,
Fais semblant,
Baisse toi puis rampe.