CACHE A L’EAU

Rien de géant…et pourtant,
Une brèche dans la pierre, un creuset,
Un monde à part, dans un rocher insignifiant,
De l’eau des vagues salées s’est engouffrée puis s’est installée.

Parfois, une nouvelle inondation.

Au cœur de cette eau limpide,
Protégée de parois aux films d’or,
Elle flotte, immobile, verte translucide.
Langoureuse, lascive jeteuse de sort.

Parfois, des tourbillons.

Elle en a vu des vagues et quelques tempêtes.
Des tourments à s’arracher,
A perdre la tête,
Mais rien ne l’effraie.

Il se dit qu’elle ne serait pas assez jolie,
Pas assez grande pour être contemplée,
…et pourtant…., dans ce vase, un trésor de modestie,
La force paisible de la dignité et de la pureté.

EN PASSANT….XXXIV

La photo ?…Rendre beau pour tout le temps une fraction de seconde de la cornée.

Lolo

Avez-vous vu ces gouttes qui se suicident après l’orage ? Certaines s’accrochent, s’agrippent. Et finissent par tomber. Les plus fortes, elles, s’évaporent. Elles ont ce réconfort de disparaître fièrement « par le haut ».

Extrait de « Orage et désespoir »

Je sais lire dans les culs de bouteille…et, parfois, je vois rouge !

Hercule de Jatte

HYPERSENSIBLE DU CŒUR

L’excès est l’un des moteurs du vivant,

Du joyau bordel de l’âme,

Une contraception de l’uniforme,

Un coup vif de pinceau rouge dans le tableau,

Le beau, le bon, le gentil, le don, la poésie et la chaleur naissent tous de l’émotion,

L’hypersensible est doté de deux cœurs, un qui le fait vivre. Et un qui le fait exister.

Parfois, ils s’expriment , ils se cabrent.

Comme les purs-sangs.

LES MIRACULES…

…au Paradis, en sous-sol, monteront leur affaire,
Au Paradis, le sous-sol est toujours dans les nuages,

Un endroit pour ceux qui ont échappé à l’enfer,
Décoration rouge sang quand même, pour se rappeler au bon voisinage,

Un grand nuage avec des coins partout, des douches de pluie,
Des sofas de soleil, une grande bibliothèque pour se cacher,

Pour mettre du piquant au Paradis,
Du stupre dans le café, le thé,

Les contrevenants s’abandonneront indifféremment, ici et là,
Avant d’effacer, gratter le nuage,

En regardant leur forme, leur image,
Je me demande si ce n’est pas déjà fait tout ça….

Un TESSON deux bouteilles

Doucement ébréché, rassasié à la lisière du gavé, je suis porté jusque sur mon lit par ces sensations d’apaisement, d’oubli, d’abandon.

L’erreur du débutant consiste à s’allonger. Et d’imaginer, en fermant les yeux, allonger d’autant la soirée en la saupoudrant de dernières pensées.

C’est bien cependant le meilleur moyen de se réveiller au cœur de la nuit. Chaussures au pieds, étriqué dans des vêtements inadaptés. Arrosé d’une ampoule oubliée.

A cet instant commence la souffrance du fainéant du couché. Chaussures, chaussettes, si basses chaussettes, pantalon, caleçon, chemise à trop de boutons, pull…la liste est aussi longue que le moment de la transformation…le déshabillage ne nous réconcilie pas avec l’idée initiale de l’abandon.

L’abandon a bon dos.

Bien réveillé à l’issue de ces contorsions, je décidais alors de partir « Dans les forêts de SIBERIE » avec TESSON. Lui aussi ne suce pas que des glaçons même si je reconnais qu’il fait moins froid chez moi.

La solitude, le silence ont quand même le goût de la vodka. La liberté est alcoolisée et s’habille à cet instant de factice, d’un protocole obligatoire. Et la liberté n’est pas obligation. Ces glaçons jettent un froid dans la boisson de TESSON. Serait-ce une partie du prix de la liberté ? Une partie seulement car la liberté coûte très cher. Bien au-delà du cours de la vodka.

On est bien avec TESSON. On y est bien dans les bois et dans la cabane. Combien de temps pour moi avant de mourir de froid. De faim ou bouffé. En filigrane, la liberté. L’air. Le cerveau roi.

La nourriture des yeux. Se satisfaire de l’alimentation de la pensée qui peut, enfin, faire le travail pour lequel elle a été conçue.

Et qu’elle a oublié.

A force de se faire dégueuler dessus par des milliers d’objets. A force d’être chassée par les idées boueuses, les modèles poubelles des hommes aux plus grandes gueules. En tout cas de ceux qui ne pissent pas le plus loin.

Et si ça ne vole pas haut, cela a au moins le mérite de retomber sur leurs godasses. A défaut de penser, au moins profiter de l’embrun…

Au début du livre, TESSON se demande s’il a une vie intérieure. Demande partagée. Rejet identique des 15 modèles de ketchup Heinz.

Même si mon quotidien ne joue pas en faveur de mes mots.

Mais, je sais de quoi je peux me passer. Il s’agit là d’abandon. C’est facile. Notre environnement peut s’en détacher. Chacun fait comme il veut.

Et je sais de quoi je ne peux pas. Il s’agit là de quête. C’est difficile. Notre environnement est touché.

C’est en cela que la liberté est hors de prix.