CHAMPAGNE !

Extrait France Info – Février 2020 : « Billie Eilish a chanté, affublée de son « pyjama couture » emblématique dans une veste et un pantalon Chanel blancs agrémentés du fameux logo en double C. Ses cheveux couleur citron vert et ses ongles noirs taillés pour ressembler à des griffes contrastaient avec l’ensemble »….

Aaaah, c’est bon la révolution !… ça déchire quand même. Boule au ventre….jeunes flippés, il est là l’espoir,

Enfin du nouveau ! Suivez moi ! De mes yeux coule du noir,

Fuck le monde ! Fuck la Planète ! Fuck le système ! En poils de culcul Chanel…Anarchie quand tu nous tiens !

Greta Thunberg sans les couettes. Et en violette,

Sans fils, la génération de pantins.

Placés « devant », par des Grands en forme de lopettes,

Impuissants, incapables de convaincre,

Prenez les au berceau, à défaut d’être,

Faites descendre les illuminés, posez les dans la crèche à la place de Dieu,

Tournez les langues avec votre stylo,

Hey Billie ! ta Merco…

…elle a les pneus roses ou bleus ?

Qu’est ce qui se vend le mieux ?

Demande aux Grands. Demande aux vieux.

TOC 50

Faisant l’effort récemment d’écouter des musiques françaises qui « cartonnent ». Au « nombre de vues ». De quoi devenir aveugle.

Mais bien sûr, voilà donc cette musique de « producteurs ».
Les auteurs, restez chez vous.

Mon cerveau a vomi.
Aux relents des oreilles.
Comme si une merde s’était écrasée malencontreusement sur les tympans.
De la même manière que nous écrasons celles des clébards de gens bien éduqués. Et qui restent collées dans les profils de nos semelles.
L’odeur est insoutenable car sous la croûte, le meilleur.
Vous nettoyez, vous nettoyez à grandes eaux,
Vous présentez le nez pour vérifier et vous vomissez encore.
Rien à faire, la merde s’est incrustée.
Comme s’incruste ces mélodies qui sont à la musique ce que l’église catholique est à la vertu.

J’ai mal à la langue française.
Ils ont assis leur cul dessus.
Il faudra bien un déca-merde pour mesurer l’épaisseur de fientes
qui recouvrent, noient un si beau dictionnaire,
Et font de deux trois mots, quelques croûtes le devant de la scène,

Regardons en arrière ceux qui flottent encore,
Ceux qui offrent aux sons les honneurs de la littérature,
Ils guident cette armée cachée des amoureux des lettres,
Qui ni ne sourit, ni ne désespère,
Qui attend son heure, son retour,
Qui sait que, pour ces musi-chier,
Deux neurones, c’est déjà un de trop,
Juste assez pour bouger des bras articulés par des prostitués de la monnaie.

La langue française vous emmerde. Et moi, avec elle.
Continuez à en abuser, à l’user, à l’exploiter, faire des billets,
Silencieuse, elle saigne mais ne se rend pas.
Et, de son épaisseur, elle vous regarde mais ne vous entend pas,
Pas plus qu’elle ne vous voit. A la hauteur de l’insignifiant.


AU PIED DU MUR

C’est encore celui ou celle qui part qui va le plus loin,
Il, elle passe le mur, semant les autres et sans ailes,
Éjectés en arrière, ils explosent, ou bien,
Vibrants, sonnés, rappelés par la mémoire, ils s’écrasent sur sa semelle,
Pèsent dix tonnes, alors qu’un ou qu’une s’envole,
Le silence les colle,
Ils rampent de mots en mots,
Balbutiant du bout des lèvres incapables,
Elles n’ont plus de forces, elles n’ont plus d’eau,
Et pourtant, elle inonde, brûle, aveugle,
Les pantins plantés là, immobiles, démembrés,
Ruisseau, fontaine terminant sa course au cœur du désert,
Liquéfiés, la gorge sèche, les gouttes pétrifiées,
Suspendues avec le temps, soufflées en l’air,
Son horloge, fracassée, piétinée, les deux mains à son collet,
Sommée de se taire, son verre planté dans la chair,
En une demi-seconde, à la vitesse du son,
Plus rapide que la lumière,
Le bang, le fracas de la disparition,
Au fond de l’homme respirant reste le disparu, il raisonne,
Il n’y a plus que l’écho qui se répète, qui sonne,
Toujours le même, car il n’y aura plus personne,
Pour d’autres voyelles ou d’autres consonnes,
Les dernières sont là, élues, belles ou aigres, peu importe,
Ce sont elles qui soulèvent ce corps, qui le portent,
L’embaument, le momifient, le gèlent,
Passé du chaud au souvenir de il ou de elle,
Du rire au malaise,
De l’air à la glaise,
L’absent a encore tort,
Il est juste mort,
De cordon à chaîne puis à ficelle,
L’eau s’engouffre, l’anneau chancelle,
Et t’as beau dire,
Et t’as beau faire, y’a rien à dire,
Y’a rien à faire.

HÉ-MOTS-RAGIE

Je bosse, je bosse…comme un chameau..!
…et parfois, je bosse….comme un dromadaire…

…tu vois petit, avant, le père Noël, il avait une « six-rennes »….et on l’entendait arriver…
…maintenant avec 16, on entend plus rien.
A peine si on le voit passer dans son bolide.

Parfois ne faisant qu’un tour,
Parfois errant dans ses cavernes,
Hier soir, ce Sancho Panza qu’il était encore bien bouillonnant….
….mais pas trop, sinon, y’va faire du boudin….
…Ho ho ho….!
Je me suis mis sang dessus dessous là….

…..Hé !?… Tu as essayé de faire un film X avec une tortue ?…
..moi, oui…j’ai tenté…
Un jour, je lui ai dit : « commence sans moi, je viens demain matin ! »…
… c’était bien mais le film fait 14 milliards de méga-bites….
Du coup, j’arrête….. Je vais essayer avec un moustique…

…ouais.!!..et si y’craque, l’après-midi, je fais venir l’inspection du travail, contrôle d’alcoolémie et hop ! .. je le vire !…
…pour faute de Graves…..
….et Sancerre à rien de pleurer après !

…Un ami de culture vinicole me disait récemment que la plus belle place pour une bouteille est de se trouver entre nous deux….
…..certain que, entre deux tire-bouchons comme nous,…. non, non, je vous coupe, rien à voir avec la queue….., il va se sentir bien le flacon….
…et puis, rapidement, il va sentir con. Tout court.
Il va se sentir vide….
…alors, nous lui trouverons un frère, une demi-sœur…
…il retrouvera sa vie en carton…
Alors même qu’il sera en bidons.
Les nôtres….

Assis, à table, soucieux du produit, elle me faisait remarquer délicatement que tout finit au même endroit.
Je répondis qu’il était toujours dommage de commencer les histoires par la fin.
Je préfère les commencer par la faim.

C’est décidé, je créé l’associsson « Bière fraîche ».
Associsson Loi 1664.

DEUX SANGS

Cœur battant,
Sang rouge et noir,
Les mains inondant,
La bouche, le regard,
Bras et pieds ballants,

Fermés, révulsés, les yeux crevés ,
Les chairs s’élèvent, dégoulinant,
Des tâches de sang,
Sur le papier, éparpillées,
Collées, séchées, figées, au firmament.

L’eau coule et caresse les plaies,
Un bruit sourd, une veine zèbre sa peau,
Le rouge et l’onde fondent en violet,
En cristal de billes puis bouteille de verre dans le ruisseau,
Immobile, squelette dénudé, évaporé,
Voyageur sur ce radeau,

Masse océan noir-bleue,
Charriant la pépite de sang, d’or et d’argent,
Il descend, sombre, s’isole dans ce creux,
Miroir englouti du paradis du vent,
Il s’envole à deux.

SO DO I

Sa popularité n’a d’égale que sa discrétion.
L’absence de projecteur lui vaut peut-être son abandon.
Ce qui n’est pas dans la lumière ne brille pas. Et ne fait pas briller.
Face glace, il se fait donc oublier,
Il n’est pas en face des trous.
Il se joue de l’œil.
Et quand bien même, en se tournant, nous le cherchons,
Un regard de biais s’arrêtera sur les rebonds,
Il s’a-raie-tera au seuil,
Par plaisir d’une part, ils sont si jolis,
Et, d’autre part, pour éviter le torticolis.
L’œil alors abandonne, fatigué,
Il concède alors à ce territoire aveugle et trop éloigné sa virginité.
C’est cependant sans compter la curiosité de certains.
Une glace, un doigt ou deux, parfois trois facilitent sa prise en main.
Il se laisse découvrir. Il accepte la lumière.
Il est là, un si beau derrière.
Un havre de paix…
Il est là, je disais,
Lui qui échappe à l’appel de la gravité,
Toujours jeune mais ridé,
Sensible, souple, ouvert,
La marque des êtres discrets,
Une fois passé le mont Pelé, une oasis au cœur du rocher,
Il trône et se laisse faire,
Il est temps alors de faire connaissance,
De créer un lien profond ou superficiel à convenance,
Et, face glace, lui envoyer nos pensées a-mis,
Lui dire, je sais où tu es,
Je sais où tu « vit ».

COTONSPHÈRE

Le corps peut guérir.
Pas l’esprit.
Les maux de l’âme,
Les mots à lames et à larmes l’envahissent.
Ils n’offrent pas de répit.

Le corps se repose.
Pas l’esprit.
Ils ne sont pas ennemis,
Non.
ils vivent au même endroit.
Séparément.

La tendresse est la réponse aux tourments,
Elle est plus forte qu’eux,
Elle se confronte.
Ils s’étendent,
Aussitôt, elle grandit un peu plus.
Ils se multiplient,
Elle recouvre,
Elle enveloppe,
Sans contraindre.

Autorise moi à cette heure, dit l’homme, à poser mes mains sur le rond de tes fines épaules de femme,
A rapprocher ce corps d’être vers le mien,
Les têtes et le souffle proches,
Et à te serrer là, sans rien casser.
Ni rien briser.

La tendresse est la réponse.
Elle est l’amour à sa manière.
De l’amour en doux.
Sans les pics et sans les trous.
Sage, elle n’est pas altérable.
Le canif nulle part ne l’a percée et n’y laisse l’air rentrer et la rouiller.

Muette, silencieuse, chaleureuse, elle sait voler aussi haut que les frissons.
Elle est le goût des émotions fortes.
C’est elle qui reste lorsque le vent a emporté.

Elle domine le monde.
Le corps et l’esprit font tronc commun ici : images et toucher se rejoignent dans le creux de l’inaltérable.
Celui formé par ces deux mains.
La tendresse, force de nos lendemains.

Autorise moi à te serrer délicatement dit l’homme.
« Infiniment lentement » disait Jacques.
Le temps de recouvrir.
D’envelopper.
Sans contraindre.