LOLOTISTE

Passager agité, vagabond en tête,
Magma limbique,
Aires volcaniques
D’un esprit vêtu de soie et de paniques,

Neurones bloqués, corps bête.
Partout autour, des murs de faire,
Enfant des bois, de l’eau et de l’air,
Adulte aveuglé par la lumière.

Handicapé social,
Naïf marginal
Heurté par son prochain, le « normal »,
Ce condescendant viral.

D’enfant-sphère,
Au grand de verre,
Dehors, un monde polychrome,
Et derrière son vitrail, le cœur de chaque Homme,

Enveloppe nomade du silence,
Créatif aux cinq sens,
C’est cependant le sixième, la souffrance,
Qui redresse et compense.

Pom Pom Pom

J’ai les deux pieds par terre,
C’est la faute à Newton,
Le cœur en apesanteur,
La-haut, où tout est vide et rien ne raisonne,

Et pourtant, redescendre,
Les images, en fumées, en cendres,
Un vice, une faiblesse, une absence,
Sur mes branches, c’est pourtant là mon essence,

Ma drogue, ma dose et disparaître,
En observateur de l’autre, des fous,
Pour, dans ce creux silencieux, être ou naître,
De nouveau, en vers et contre tout,

Les mots pour reposer,
Le ballet aérien d’un humain,
Au sol où, incapable de calmer ses pieds, ses mains,
Il faut tenir, résister d’apparence à ce corps échappé,

Ce moi écharpé, le sourire qui s’évade,
D’un corps dans les yeux, le cœur dans les cieux,
Je peine à rester matière,
Ne résiste pas à la poussière,

Je courais, courais, suffoquais, regardais en arrière,
J’entends les chiens, dressés pour me rattraper,
La balle me traverse, je tombe à terre,
Ici, l’ombre du gardien des pensées, mon corps agrippé,

Au sol où, incapable de calmer mes pieds et mes mains,

Je laboure les cailloux, me tord pour mieux m’envoler,
Les yeux rouges, comme sonné,
Encombré par ce corps d’homme,
Étalé dans votre réalité, à portée de quelques pommes.

C’est la faute à Newton.

PERPET’

C’est une véritable respiration le « remue-méninges ».

Une délivrance même.

C’est le chat qui sors de sa cage.

Le détenu, de sa cellule.

Le souvenir de papa qui rentre dans maman.

La drogue, dans le bras.

C’est comme ton match de foot du Mercredi soir.

Tu ressens autant d’intensité à ne plus penser que j’en ressens à le faire.

C’est l’extase.

Une lumière offerte dans un bureau d’aveugle.

Par le destin.

Pas le hasard.

La poche de sang se remplit d’un côté. Se vide de l’autre. Car un cœur est unique et son volume constant.

En touchant le ciel de l’imagination, et je t’assure que la vue est vertigineuse là-haut, j’ai manqué à mes devoirs terrestres…

…une pénitence quotidienne depuis.

PARDON, ILS NE SAVENT PAS CE QU’ILS FONT.

Dame nature qui est toujours très belle.

Elle est généreuse et ne demande qu’à être contemplée.

Sur la Terre, la mer, du bourgeon qui pointe vers le ciel,

Aux Veaux, vaches, cochons à nos ventres dédiés,

Elle offre et fait de sa sphère un autel,

Pour un Homme dégoulinant de dédain, suffisance et vanité.

Chaque jour, la tête dans mon archipel,

Je l’observe avant de la figer en clichés,

Dans sa puissante beauté aux contours de dentelle,

Pour, honteux de toutes ces cicatrices creusées,

Nous excuser auprès d’elle,

Et, déposer ces témoins de sa grandeur à ses pieds.

LA LOI DU PLUS FAIBLE

Que l’Homme qui se redresse chaque matin,
En pensant au-delà de lui lève haut les mains.

Cet éphémère exsangue de pensées de nos lendemains,
Sa sphère, éternelle, évide à coups de poings.

A la terre, à l’eau, le sang se mêlera,
D’une noire épée, le cœur de battre cessera,

Alors condamné, le plus faible aura gagné,
Ephémère mort d’égo et voracité.

HOMMAGE À « FOUS RIEN »

Au nom des travailleurs et des assurés,

A toi, fiente de Lyon,
Fils de pute au survêtement taché,
Étroite tête de fion,
Aux cheveux gras collés,

Au faciès si laid,
Fœtus uriné,
Expulsé sur l’anneau de médiocrité,
A toi, l’erreur de comptabilité,

Ma voiture tu as cassé,
Et mon téléphone tu as subtilisé,
Travailler, pointer, se lever,
Tu ne sais pas ce que c’est.

Plus petit que moins que rien,
Déchet de la société,
Crasseux, minable sans lendemain,
Bannière de la lâcheté,

Je t’informe, bouse de chien,
Que la vitre sera bientôt réparée,
Qu’un nouveau téléphone est déjà mien,
Bien plus beau que le volé.

Tu vois, navigateur en cabinet,
Déjà fantôme,
Te voilà encore dépassé,
Et sur un seul bouton, en somme,

Il me suffit d’appuyer pour te voir, dans la fosse, aspiré.