EN TEMPS MASQUÉ

Image gratuite sur Pixabay - Note De Musique, Croche, Png | Note ...

...s’asseoir sur un banc quelques minutes avec toi,
et regarder les passants,

Quand y’ en a…..

Image gratuite sur Pixabay - Note De Musique, Croche, Png | Note ...

Le vent frais frotte les mollets.
Sensation terriblement grisante…j’ai presque honte…je me sens bien…
Promenade en ville. Sans masques et sans gants.
En semi-liberté. En short…Presque provoquant.
De loin, il donne l’impression « qu’il est détendu le monsieur, Maman.. ».
« Ne regarde pas, c’est un scandale. Viens, restons sur le trottoir… ».

A t’on idée de se sentir sans entraves dès lundi matin ? ….j’évite quand même les doigts à la bouche…même inondés de gel, ils se sont confrontés à un demi pouce au carré d’une porte en fer fréquentée par tout le monde…
C’est l’aventure. Mad Max est assis dans un square…si la police le cherche….
…Par contre, s’il vous plaît, prenez des gants messieurs, il est susceptible.

La liberté de l’année passée, l’année 2019, est encore sous scellés.
L’Homme n’a pas de bracelet électronique au mollet. Il est dans la tête.
Il peut ignorer, faire fi, se sentir intouchable, abandonner même.
Il reste sous bracelet électronique cérébral.

Y compris lorsque le trublion aura été vaincu.
Lorsque tu sais que des pénibles peuvent revenir chez toi, tu fermes ta maison à clefs.

Nous vivrons avec ce souvenir. Il ne s’effacera pas.
Sauf chez les imbéciles….toujours heureux, ces cons là !
Un coup de canif se soigne, se résorbe et laisse une trace violette.

Une bonne nouvelle est de ressentir que les temps heureux le seront encore plus. Le sentiment d’insouciance, lorsqu’il se présentera, libre de contrôle de ceci ou de celui-là, atteindra son paroxysme. Leur succession fera tomber le bracelet.

Je me remet en mouvement.

Le simple fait de m’écarter des gens sur un trottoir récolte un « merci » discret mais reconnaissant…Formidable. L’espoir vise à croire que cet instinct de détente peut se transformer. En « bonjour » sans anticipation et sans autre ambition que d’humaniser un croisement.

C’est alors que nous aurons repris la mesure de la cohabitation humaine.
La certitude qu’un regard ne fait pas de mal.
Qu’il n’est ni ridicule.
Ni une forme d’abaissement.
Nos anciens étaient non pas mieux élevés. Ils avaient cependant encore un temps dédié à l’autre.
Celui d’un micro-partage de l’espace et du temps.
Entre deux humains qui se croisent ici et maintenant.
Après tout, ils respirent au même endroit, au même moment.
Ils sont bien liés. Quoiqu’on en pense.
Ce n’est pas une coïncidence.

En 2020, le temps est denrée rare.
Même passé au révélateur du confinement, il n’aura pas survécu.
Il est un virus faible.
Et pourtant, il est unique libérateur.
Un respirateur du vivant.

C’est notre évolution de la performance, des valeurs et de la définition de la réussite qui nous ont mis en concurrence….
Le temps n’a rien à voir avec la compétition.
Il échappe à l’ambition.
Il ne serait que celle des faibles.

Rien n’empêche cependant un quidam de prendre une tangente.
Et de choisir d’arpenter un autre chemin.

BOUT DU NEZ

Le bonheur n’est pas « au loin ».
« Là-bas », au milieu des fleurs et de lagons.
Inutile de pédaler 8000 kilomètres.
Fantasme d’impuissance.
Qui vise à confondre la quête du beau avec celle de la quiétude.

Le bonheur ni ne se monnaye,
Ni ne s’échafaude à force d’objets et de boulimie des sens.
Le confort, si.
Ce dernier, je le nommerai « Le bonheur acquis ».

Alors que je vous parle du bonheur inné.
Le nu.
Celui des sensations de cervelle.
Ou charnelles.

HÉ-MOTS-RAGIE

Je bosse, je bosse…comme un chameau..!
…et parfois, je bosse….comme un dromadaire…

…tu vois petit, avant, le père Noël, il avait une « six-rennes »….et on l’entendait arriver…
…maintenant avec 16, on entend plus rien.
A peine si on le voit passer dans son bolide.

Parfois ne faisant qu’un tour,
Parfois errant dans ses cavernes,
Hier soir, ce Sancho Panza qu’il était encore bien bouillonnant….
….mais pas trop, sinon, y’va faire du boudin….
…Ho ho ho….!
Je me suis mis sang dessus dessous là….

…..Hé !?… Tu as essayé de faire un film X avec une tortue ?…
..moi, oui…j’ai tenté…
Un jour, je lui ai dit : « commence sans moi, je viens demain matin ! »…
… c’était bien mais le film fait 14 milliards de méga-bites….
Du coup, j’arrête….. Je vais essayer avec un moustique…

…ouais.!!..et si y’craque, l’après-midi, je fais venir l’inspection du travail, contrôle d’alcoolémie et hop ! .. je le vire !…
…pour faute de Graves…..
….et Sancerre à rien de pleurer après !

…Un ami de culture vinicole me disait récemment que la plus belle place pour une bouteille est de se trouver entre nous deux….
…..certain que, entre deux tire-bouchons comme nous,…. non, non, je vous coupe, rien à voir avec la queue….., il va se sentir bien le flacon….
…et puis, rapidement, il va sentir con. Tout court.
Il va se sentir vide….
…alors, nous lui trouverons un frère, une demi-sœur…
…il retrouvera sa vie en carton…
Alors même qu’il sera en bidons.
Les nôtres….

Assis, à table, soucieux du produit, elle me faisait remarquer délicatement que tout finit au même endroit.
Je répondis qu’il était toujours dommage de commencer les histoires par la fin.
Je préfère les commencer par la faim.

C’est décidé, je créé l’associsson « Bière fraîche ».
Associsson Loi 1664.

SO DO I

Sa popularité n’a d’égale que sa discrétion.
L’absence de projecteur lui vaut peut-être son abandon.
Ce qui n’est pas dans la lumière ne brille pas. Et ne fait pas briller.
Face glace, il se fait donc oublier,
Il n’est pas en face des trous.
Il se joue de l’œil.
Et quand bien même, en se tournant, nous le cherchons,
Un regard de biais s’arrêtera sur les rebonds,
Il s’a-raie-tera au seuil,
Par plaisir d’une part, ils sont si jolis,
Et, d’autre part, pour éviter le torticolis.
L’œil alors abandonne, fatigué,
Il concède alors à ce territoire aveugle et trop éloigné sa virginité.
C’est cependant sans compter la curiosité de certains.
Une glace, un doigt ou deux, parfois trois facilitent sa prise en main.
Il se laisse découvrir. Il accepte la lumière.
Il est là, un si beau derrière.
Un havre de paix…
Il est là, je disais,
Lui qui échappe à l’appel de la gravité,
Toujours jeune mais ridé,
Sensible, souple, ouvert,
La marque des êtres discrets,
Une fois passé le mont Pelé, une oasis au cœur du rocher,
Il trône et se laisse faire,
Il est temps alors de faire connaissance,
De créer un lien profond ou superficiel à convenance,
Et, face glace, lui envoyer nos pensées a-mis,
Lui dire, je sais où tu es,
Je sais où tu « vit ».

CHACUN SA CROIX

Mon Dieu !…Accrochons nous au divin….

Comme une forme d’impuissance terrestre. Cette impuissance même qui guide les croyants.

Mesdames Messieurs, ne vous offusquez pas.

Vos croyances ne sont que l’expression de vos faiblesses.

Il est normal d’en avoir.

Vous êtes humains

Chacun est perclus des siennes.

Par exemple, je bois du vin.

Je n’aime pas la mort.

Je n’aime pas « le noir ».

Sauf en chocolat.

Par contre, Mesdames Messieurs les croyants,

Si vous pouviez arrêter de faire chier les autres avec vos romans à 10 000 pages,

Vos rhétoriques d’école primaire,

Et, encore, je suis large….

Il y a une majorité d’humains que cela n’intéresse pas.

Ils se rassurent autrement.

Et vous leur faites peur.

S’il vous plaît, déversez vous dans votre coin, entre vous.

Ensemble.

Faites un barbecue.

PETIT VELO DANS LA TETE

J’attendais l’écureuil de 18h17,

Il n’est pas venu,

Ou il est arrivé en retard, je ne saurai jamais,

Ou ma montre était en avance,

Nous ne nous sommes pas vus,

Je ne pouvais pas l’attendre,

J’étais pressé,

Pas tant que ça, mais il fallait que je marche,

Pressé de faire quoi. Je ne sais pas.

Pourtant, j’espérais la rencontre, malgré le froid,

J’étais venu un peu pour ça, l’urgence a pris le pas,

Pas à pas, je suis parti,

A reculons, au cas où, pour ne pas se rater d’une seconde,

Un coup d’épée dans l’herbe,

Pressé de faire quoi,

Je ne sais pas,

Se croire pressé, c’est vouloir se rendre important,

Pourtant, il n’y a personne qui m’attend,

S’imaginer être pressé, pour se valoriser au milieu des bois,

Se donner une importance alors que personne ne voit,

L’ego est dans la nature et la dénature,

Elle qui ne bouge pas, ou juste pour faire plaisir au vent,

Qui se bat pour la changer de forme,

Elle plie mais ne rompt pas,

Tout le monde est content,

Sauf moi, éphémère de la planète,

Qui tourne en rond, qui fait semblant,

D’attendre un écureuil qui ne viendra plus,

Un souffle sur la tête,

Et je m’éparpille au 4 coins,

Je vole sans bouger.

Et ne retomberai que lorsque le vent aura cessé.

C’est la nature qui commande,

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué,

Frêles bipèdes,

Monstres carnassiers,

Défonceurs de sol mère,

Étouffeurs d’air,

Voyez comme elle observe le silence,

En l’absence de son avocat,

Elle ne se défend pas,

Elle reconnaît les siens,

Ici et là, au soleil, les sème,

Pour, sur un banc, une corniche, une montagne, une vallée,

Contempler, forger ces tand’aimes,

Ancrés dans les herbes et, dans les nuages, dispersés.