LA QUEUE ET LA BOULE

La douceur des femmes est l’épaisseur d’air qui suspend la planète Terre,

Au cœur de rien, elle flotte, posée sur un coton, sans plus aucunes gravités,

Douces et légères,

Alors, je pose un homme sur cette sphère.

Je ne le retiens pas et le regarde gambader,

Laissons lui un peu temps, ce jeune chien, avec ses poils et sa queue en l’air,

Pour en faire une boule de flipper.

JEAN PIRE ET LEE MEILLEUR

En chacun de nous se niche « notre » pire et « notre » meilleur.

« Le » pire ou bien « le » meilleur de l’Homme n’habite cependant pas chez Monsieur tout le monde. Et c’est bienheureux.

Dans ce qu’il a de meilleur, l’Homme statufie. Récompense.

Dans ce qu’il a de pire, il oublie.

Et la guerre reste.

Et la terre sombre.

Je suis pessimiste réaliste : l’écosystème va mourir de déséquilibre. Il suffit d’apprendre à lire. De regarder les images des satellites. Ces tas de ferraille d’en haut.

Mais je suis pessimiste positif car je vais décéder avant l’écosystème.

Ma descendance également. Je peux partir tranquille.

Voilà, ramenée à un seul être, la taille des oeillères de l’Homme.

Son pire.

Pour la seule nécessité de posséder, voir, s’occuper les yeux à défaut de l’esprit, jouir d’un maximum, il a fabriqué un cancer qu’il entretien.

A n’en pas douter, l’humain, sous la forme que nous lui connaissons, va disparaître.

Chacun le sait au fond de ses tripes. Et s’acharne.

Le pire.

Ce cancer a six milliards de têtes.

Il est une hydre à déchets.

« Collectivement responsable » disait une sage.

Une réaction ne pourrait venir que du collectif. Celui du meilleur.

Soyons pessimiste négatif; il y a bien des collectifs mais si faibles en comparaison du pire.

L’éphémérité de l’Homme empêche une large majorité de se sacrifier : elle doit profiter.

Une majorité de cette majorité a déjà du mal à survivre. Et elle le fait par tous les moyens. Elle se sauve.

Pour ne pas mourir avant ce sol pleureur. Ce sol qui plie.

C’est déjà ça de pris.

L’histoire de l’Homme et de sa planète est une histoire de troc, d’argent, de pouvoirs et de survie.

L’Homme est ce qu’il y a de pire pour sa planète.

Il n’y est pas adapté.

PAT ET CHWORK

Les arbres sont à l’abri d’eux mêmes….
Voilà peut être pourquoi ils vivent si longtemps.
Ils ne craignent que d’être déracinés.

Une succession de plis et de creux tisse un drap.
Une couverture.
Une protection.

Le ciel a zébré après le passage de l’orage…..Le ciel, lui, était devenu auparavant tout noir. D’un coup. Noir de colère peut-être….il n’était pas content on dirait car il s’est déchaîné. Il est resté sage cependant. Il n’a rien emporté, il a juste prévenu.

Et, pendant ces instants, l’homme, habituellement grande bouche, soucieux de la nature quand.……non, non, soucieux de rien du tout, se tait. Il la ferme bien fort. Il fait le roseau. Et les plus souples peuvent toujours se toucher les pieds en attendant que ça passe…

L’homme et sa technologie sont hautains. Ils passent à côté de la nature comme nous passons tous à côté d’un clochard. En le regardant de trop haut, en lui donnant la pièce parfois.

Et puis, de temps en temps, elle se fâche.

L’homme s’en étonne et fait plein de reportages. Sur les conséquences. Mais jamais sur les « pourquoi ». Dès fois que celui qui filme se retrouve à l’image.

Mais c’est bien pour elle que les bipèdes devraient « construire des églises ». Certains humains dans certains pays l’ont compris.

D’autres continuent à jouer la comédie et à bouffer des hosties.

Un bon ouragan pour emporter tout ça…..

Amen.

PETIT VELO DANS LA TETE

J’attendais l’écureuil de 18h17,

Il n’est pas venu,

Ou il est arrivé en retard, je ne saurai jamais,

Ou ma montre était en avance,

Nous ne nous sommes pas vus,

Je ne pouvais pas l’attendre,

J’étais pressé,

Pas tant que ça, mais il fallait que je marche,

Pressé de faire quoi. Je ne sais pas.

Pourtant, j’espérais la rencontre, malgré le froid,

J’étais venu un peu pour ça, l’urgence a pris le pas,

Pas à pas, je suis parti,

A reculons, au cas où, pour ne pas se rater d’une seconde,

Un coup d’épée dans l’herbe,

Pressé de faire quoi,

Je ne sais pas,

Se croire pressé, c’est vouloir se rendre important,

Pourtant, il n’y a personne qui m’attend,

S’imaginer être pressé, pour se valoriser au milieu des bois,

Se donner une importance alors que personne ne voit,

L’ego est dans la nature et la dénature,

Elle qui ne bouge pas, ou juste pour faire plaisir au vent,

Qui se bat pour la changer de forme,

Elle plie mais ne rompt pas,

Tout le monde est content,

Sauf moi, éphémère de la planète,

Qui tourne en rond, qui fait semblant,

D’attendre un écureuil qui ne viendra plus,

Un souffle sur la tête,

Et je m’éparpille au 4 coins,

Je vole sans bouger.

Et ne retomberai que lorsque le vent aura cessé.

C’est la nature qui commande,

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué,

Frêles bipèdes,

Monstres carnassiers,

Défonceurs de sol mère,

Étouffeurs d’air,

Voyez comme elle observe le silence,

En l’absence de son avocat,

Elle ne se défend pas,

Elle reconnaît les siens,

Ici et là, au soleil, les sème,

Pour, sur un banc, une corniche, une montagne, une vallée,

Contempler, forger ces tand’aimes,

Ancrés dans les herbes et, dans les nuages, dispersés.

MIROIR SANS TEINT

Un orage a inondé la campagne.
Le soleil qui a suivi aussi.
Leur mariage était scintillant.

L’ Homme pourra toujours se regarder dans le miroir et se demander qui est le plus beau,

Et se satisfaire de sa réponse en flattant du doigt ses contours,

Et, en refusant la vérité,

Car c’est bien la nature qui l’emporte autour,

Il a tort de la négliger.

RACINES

Envoyé un bout d’Automne,
Un bout du môme,
Que j’étais, qui a poussé au milieu des branches,
En s’y accrochant les bras, le cou, les hanches,

Si souvent perché,
J’y ai découvert le silence, l’immobile et la pensée,
C’est là que je reviens inlassablement,
Et, de craquements en craquements,

Inondé de rien, tout nu habillé,
Je sais que c’est là, par les bois abrité,
Que ce corps existe,
Loin de la lumière, de la piste,

Là, au milieu du bleu, du vert, du jaune,
Au cœur du juste, les poings abandonnent,
Envahi d’air, les pieds ancrés,
Et devant toi, l’éternité.