CROCOVID…

…se déplace à la vitesse de notre déliquescence,
Carnassier, rapide,
Doué de la force de notre arrogance,

Mais il n’est que couteau à entailles,

Nous sommes prévenus,

Le prochain sera virulent, purulent,
Tout aussi vif,
Plus incisif,
Pour chacun, le serpent qui siffle dans le sang,

Il sera ce bouquet d’aiguilles rond,
Né de nos sodomies de la croûte terrestre et salissures d’azur,
Nos vomissures,
De notre dédain de la préservation,

D’autrui,
De l’autre,

Nous sommes prévenus et coupables,
La prochaine lame tranchera.

Nous sommes prévenus,
Valons deux,
Et pouvons encore protéger la Grande Bleue…

…Dernier avertissement.

HYSTÉROVIRUS

….crise sanitaire…confinement…découverte amère….et je n’imaginais pas non plus à quel point les gens se font chier chez eux.
Ils ont su anticiper.

Mais, je ne suis pas surpris.
La solitude, l’observation, la réflexion ni ne se préparent pas, ni ne s’improvisent. Elles se pratiquent.
Vide intersidéral.
Fil de bave abyssal.

Je reprends là les propos de Sylvain TESSON …après une « chute de nid ». Placé en coma artificiel, réveillé huit jours plus tard, trois mois après cet accident, il raconte  « Ces trois mois de repos, de sobriété, de silence, d’examen de moi-même ont été bénéfiques. Ma vie était un carnaval endiablé et légèrement suicidaire, il était bon de ralentir un peu les chaudières intérieures, de descendre du train. Je conserve une paralysie de la face qui me donne un air de lieutenant prussien de 1870. J’ai aussi perdu l’ouïe à l’oreille droite mais, étant partisan du silence, que René CHAR appelait « l’étui de la vérité », je ne m’en plains pas.

Notre société est devenue hystérique et bruyante ».

Voilà.

« Hystérie ».

Juste.

Le confinement offre aujourd’hui une modélisation de notre de vie en observant simplement nos médias et nos gouvernants.
Ceux qui bougent encore.
Ceux qui doivent parler et ceux qui s’invitent tous seuls dans le débat.

De virus, nous n’en avons pas qu’un.
Le premier est mortel.
Le second est « décérébral ».

De politiques, nous en avons assez pour ne rien entendre,
De scientifiques, nous en avons assez pour ne rien comprendre,
De journalistes, nous en avons assez pour nous pendre,
Ce dont nous manquons, c’est de philosophes.

CHROMOSOVIRUS

Nous avons tort de devenir égoïstes,
Puisque nous sommes toujours noués.
Séparés par l’avidité mais nos souffles tissés,
Chaque jour font grossir la liste.

Nous sommes un seul Bonhomme,
Pas 7 milliards d’Hommes,
Nos chairs sont liées,
Nous n’avons fait que nous multiplier,

Tu coules dans celui d’en face, celle de l’autre coté,
Tu peux le nier,
De cette solidarité que tu te forces à rappeler,
Naturellement, tu es constitué.

Nos mains sont serrées, nos bras pendent,
Les veines de Terre sortent en jambes,
Une toile sanguine et de viscères,
De loin, au fin fond du système, forme l’étoile de nos âmes, la Terre.

Que nos corps alimentent.

P’TIT MERDEUX !

L’Homme connait la guerre. Et ses résultats. Il l’a faite. Elle l’a défiguré.
Pensez-vous qu’Il pourrait, face aux effrois, se révolter. Cesser.

L’Homme observe sa planète Mère. Terres et mers. Il la voit se désagréger.
Pensez vous qu’Il pourrait, face aux constats, se révolter, Cesser.

Non. Il ne le fait pas. Il se réunit et dit qu’il reviendra refaire une ronde.
L’Homme, dans sa conduite et son apprentissage, est à la hauteur de ce qui lui sort du trou du cul.
Qu’Il interroge alors son créateur sur cette conception nauséabonde,
Et comprenne qu’il n’est point de hasard à ce désagrément aigu.

Notre planète se portera mieux, nous vivrons dans ce monde meilleur,
Lorsque je chierai des fleurs.

LA QUEUE ET LA BOULE

La douceur des femmes est l’épaisseur d’air qui suspend la planète Terre,

Au cœur de rien, elle flotte, posée sur un coton, sans plus aucunes gravités,

Douces et légères,

Alors, je pose un homme sur cette sphère.

Je ne le retiens pas et le regarde gambader,

Laissons lui un peu temps, ce jeune chien, avec ses poils et sa queue en l’air,

Pour en faire une boule de flipper.

JEAN PIRE ET LEE MEILLEUR

En chacun de nous se niche « notre » pire et « notre » meilleur.

« Le » pire ou bien « le » meilleur de l’Homme n’habite cependant pas chez Monsieur tout le monde. Et c’est bienheureux.

Dans ce qu’il a de meilleur, l’Homme statufie. Récompense.

Dans ce qu’il a de pire, il oublie.

Et la guerre reste.

Et la terre sombre.

Je suis pessimiste réaliste : l’écosystème va mourir de déséquilibre. Il suffit d’apprendre à lire. De regarder les images des satellites. Ces tas de ferraille d’en haut.

Mais je suis pessimiste positif car je vais décéder avant l’écosystème.

Ma descendance également. Je peux partir tranquille.

Voilà, ramenée à un seul être, la taille des oeillères de l’Homme.

Son pire.

Pour la seule nécessité de posséder, voir, s’occuper les yeux à défaut de l’esprit, jouir d’un maximum, il a fabriqué un cancer qu’il entretien.

A n’en pas douter, l’humain, sous la forme que nous lui connaissons, va disparaître.

Chacun le sait au fond de ses tripes. Et s’acharne.

Le pire.

Ce cancer a six milliards de têtes.

Il est une hydre à déchets.

« Collectivement responsable » disait une sage.

Une réaction ne pourrait venir que du collectif. Celui du meilleur.

Soyons pessimiste négatif; il y a bien des collectifs mais si faibles en comparaison du pire.

L’éphémérité de l’Homme empêche une large majorité de se sacrifier : elle doit profiter.

Une majorité de cette majorité a déjà du mal à survivre. Et elle le fait par tous les moyens. Elle se sauve.

Pour ne pas mourir avant ce sol pleureur. Ce sol qui plie.

C’est déjà ça de pris.

L’histoire de l’Homme et de sa planète est une histoire de troc, d’argent, de pouvoirs et de survie.

L’Homme est ce qu’il y a de pire pour sa planète.

Il n’y est pas adapté.

PAT ET CHWORK

Les arbres sont à l’abri d’eux mêmes….
Voilà peut être pourquoi ils vivent si longtemps.
Ils ne craignent que d’être déracinés.

Une succession de plis et de creux tisse un drap.
Une couverture.
Une protection.

Le ciel a zébré après le passage de l’orage…..Le ciel, lui, était devenu auparavant tout noir. D’un coup. Noir de colère peut-être….il n’était pas content on dirait car il s’est déchaîné. Il est resté sage cependant. Il n’a rien emporté, il a juste prévenu.

Et, pendant ces instants, l’homme, habituellement grande bouche, soucieux de la nature quand.……non, non, soucieux de rien du tout, se tait. Il la ferme bien fort. Il fait le roseau. Et les plus souples peuvent toujours se toucher les pieds en attendant que ça passe…

L’homme et sa technologie sont hautains. Ils passent à côté de la nature comme nous passons tous à côté d’un clochard. En le regardant de trop haut, en lui donnant la pièce parfois.

Et puis, de temps en temps, elle se fâche.

L’homme s’en étonne et fait plein de reportages. Sur les conséquences. Mais jamais sur les « pourquoi ». Dès fois que celui qui filme se retrouve à l’image.

Mais c’est bien pour elle que les bipèdes devraient « construire des églises ». Certains humains dans certains pays l’ont compris.

D’autres continuent à jouer la comédie et à bouffer des hosties.

Un bon ouragan pour emporter tout ça…..

Amen.