UPPERCUT DU DROIT

Mode d’emploi : pour tenter de se tenir droit, au préalable, mettez vous à l’envers. Puis reconstruire.

Pour redresser un peu plus votre âme. Pour dégager le torse, tenir la posture,

Le plus dur est d’hériter de ce que nous n’avons pas reçu,

Et, dans une vie, les manques créent la différence,

Distinguent les Grands des Petits, les Bons des Méchants,

Font naître, dans le noir et dans le fond de la tripe, la bête hirsute, le Hyde primitif,

Que nous connaissons. En tout cas, qui ne nous sont pas inconnus.

Sauf si nous voulons être malhonnêtes.

Cette éducation par défaut fait la nature de l’âme,

La nature humaine n’a donc pas toujours raison.

Alors, nous devons corriger. Assagir la bête, reconnaître l’Hydeux, l’odieux,

Pour faire de nous un peu plus un Homme, un peu moins un enfant.

Un Homme, pas un adulte. Comprenons nous bien.

En pensant pour panser…..

Pour tenter de se tenir droit, au préalable, mettez vous à l’envers.
Puis reconstruire.

Mais pas trop souvent, sinon, vous allez tout détruire.

RIME RICHE

Curé.

J’entends cul et raie. La musique des maux.

Le Pape a demandé pardon. Nous voilà rassurés. Des siècles de pédophilie catholique vont certainement s’arrêter là. Le jour 0 de l’ère de la chasuble de chasteté.

Mon petit doigt me dit que nous aurions pu gagner quelques années.

C’est bien le pardon. Le chiffon humide sur l’ardoise sale. Ou l’inverse.

Pour passer à autre chose. Ou à la même chose, le temps de l’oubli. Que la vague reparte. Puis revienne.

Moi, je ne pardonne pas. On me dit rancunier.

Vous dites bien ce que vous vous voulez.

Je préfère entretenir la mémoire. Je cultive le souvenir du potentiel, du probable, du déjà-vu.

Cela évite la récidive.

Peut être devrions nous y penser collectivement.

Amen.

 

 

LA CICATRICE

« Seules les expériences et les cicatrices font d’un garçon un homme ».

Une cicatrice est la preuve visuelle des conséquences de l’impossible. C’est une émotion condamnée.

Une cicatrice est une fermeture éclair de plaie. Elle fonctionne dans les deux sens. Elle est fixée sur le cœur et peut toujours s’ouvrir. Mais elle dénature ce lobe parfait dont le galbe est détruit.

Enfermée du coté cœur, la passion créatrice de cicatrice s’est trouvée une place au milieu des machines qui aspirent et qui poussent le sang. De loin, seule une lueur se distingue. Pousse, écarte le ventricule, voilà une bille d’un rouge vif volcanique qui te perce la pupille. Comme un organe vivant et visible d’une bête terrée qui ne demande qu’à surgir.

 Une bête bien vivante, alimentée par l’odeur, l’image, le son et le toucher du souvenir.

De l’autre coté de la cicatrice, le monde des vivants et du paraître. Celui du bruit, des gens et du visible. Le monde normal. Un monde normé. Celui des conventions et des situations engagées, légitimes, irréversibles et cadrées. Le monde des chemins tracés ou à dessiner.

 

RETOUR A LA TERRE

Ce que je retiens de ces deux dernières années ?

« Il faut cultiver son jardin » écrivait Voltaire qui était loin d’être un âne.

Pour le cultiver, il faut le définir.

Il faut constater ses bosses, ses trous et ses carrés d’herbe parfaits.

Quoi qu’il en soit. Il sera déjà bien assez grand pour toi.

Et toute graine qui viendra s’y jeter au grès du vent et y pousser devra être observée dans un premier temps.

Dans un second, tu pourras la faire grandir ou l’arracher.