A CHAUD

Elle : « Je suis déçue de ne pas avoir pu décrocher »

Lui : « Il ne faut pas être déçue.
L’imprévu a cet avantage de la spontanéité sur le prévu.
L’incertitude, sans gravité, offre une excitation rafraichissante.
Il ne faut pas être déçue : il faut se laisser surprendre. »

DÉRISOIRE (A lire de bas en haut)

..aaaahhhh Princesse de Veyssilieu !
Tout fuel, tout flamme…
J’ai vu. J’ai lu. Tu es vaincue. 
Voilà une bien petite résistance. 

A force de fréquenter les cours d’école, le débat reste dans la cour de récré.  » Maîtresse, Maîtresse, c’est celui qui dit qui est ». Le combat devait être serré. Au final, nous le rallongeons à peine un tout petit peu. Il est à peine sucré. 

J’ai à peine branlé du chef. Le coussin qui a bougé sans doute….

….Bien. A la lecture de ces mots, je me délecte à t’imaginer chaude énervée comme une huile de friteuse. Peut-être même que j’ai eu droit à quelques noms d’oiseaux. Mais il ne seront pas répétés car nous sommes dans une cour d’école. 

Il eu fallu de la dérision pour les recevoir.
J’ai peur aujourd’hui de prendre une gifle.
 Une  » Will Smith  » comme on dit dans le jargon.
Techniquement,  c’est le plat de la main droite dans la tronche du copain. 

Dis donc Princesse, tu oublies la moitié du texte.
Tu fais des impasses.
Et ça, c’est un coup à rester en dessous de la moyenne. 
On révise, on révise sur les points forts et paf !, ça tombe à côté. Au final sur le copie, un 8/20.

Je te mets 6. Non, 5. Peut et doit mieux faire. 
J’aimerais que tu m’insultes un peu mieux. 
« Devin » ou « fermé », c’est un peu juste.
Et puis moi, les insultes, ça me fait des choses. 
A 51 ans, je prends. Et si tu ajoutes un peu de cuir et une boule dans la bouche, là, il est possible que jeunesse revienne.

Nous allons partir de l’après-guerre, 1945.

Manue, tu viens de jeter à la poubelle tout le travail des humoristes, agitateurs, comiques ou autres « chroniqueurs » depuis près 80 ans. 
Ainsi que celui des martyrs qui se poilent devant leur miroir.

Une « Charly-Hebdo » sans mitraillette.
Toi Présidente et il n’y a plus personne sur les planches. Devant elles, 3000 personnes. Autant de cas particuliers dont il ne faut pas rigoler.
Toi Présidente, au départ du spectacle, les 3000 passeront devant l’urne en mettant un mot clef : le thème qu’il ne faut pas aborder.
Le comique en prendra connaissance. 
Retirera les passages « choquants ».
Fin du spectacle. 
Bonne fin de soirée. Sauf à brailler « chatte bite poil nichon couille fion » toute la soirée.  Mais, à titre personnel, dans l’urne, je vote « non ». Je ne bande plus. Depuis un moment. Franchement, ça ne me fait pas rire les blagues sur les impuissants. 

Et Will Smith, dont je me demande où tu as lu que « [je] n’acceptes pas la réaction qu’il a eu »,  s’est confondu en excuses médiatiques. Pendant de longs mois.Il a disjoncté dans un contexte « haut de gamme ». « 

Ça », ça arrive à tout le monde. Je maintiens ma « version des faits », « ma dérision factice » : si cela était à refaire, ils le feraient ensemble. Et la maladie serait la grande perdante.

Pierre Desproges, cancereux notoire, disait :  » oui, nous pouvons rire de tout. Mais pas avec tout le monde ». J’ajoute encore une fois que « La dérision est tout l’art du clown tourmenté ». Et que « le clown, amuseur du public, est une personne sérieuse. Il a un cadre. Sinon, c’est un fou. »

Voilà, j’attends ma gifle. Debout.

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Coucou Lolo !!

Désolée de ma réponse tardive… mais on a eu des petites galères de chauffage.
Nous sommes des guenilles et sommes tombés en rade de fuel…

Nous ne voyons pas les choses de la même façon.
Mais on se retrouve sur un point. Nos discours fermés.
Tu trouves mon argumentation fermée. 
Quand je te lis, sans creuser, je me dis qu’effectivement tu as le discours de celui qui se veut ouvert. Qui ne fixe pas l’ordre des choses.

Je pense que cela est dû à tes dons d’écrivain. Tu sais manier les mots. Tu les fais briller. Pourtant, si je gratte le vernis, le discours est, me semble-t-il, plus fermé qu’on ne l’imagine.

Tu le dis, la dérision est TA religion. Cela est-il suffisant pour détenir la vérité ? Ta vérité ? En quoi ta vérité serait-elle plus valable que la mienne ?

Pour toi, la dérision ne doit pas connaitre de barrière. On ne différencie par ami/mari/ connaissance par exemple. Et que ceux que ça heurte aillent se faire voir puisque la dérision est un outil d’humanisation. Argument irréfutable. Celui qui ne fait avancer personne et qui préserve la morale. Ta morale. Ta façon de voir les choses. Ta décision d’imposer aux autres la dérision.

J’ose même te titiller en disant que tu es encore plus fermé que moi.
Avec ton analyse du cas de Will Smith.
Tu n’acceptes pas la réaction qu’il a eu. 
A tel point que tu proposes une dérision factice. Prévue en amont. Une farce.
Tu annonces même la réaction qu’aurait eue Will Smith dans cette « Dérision Factice » que tu as inventée.
Est-ce ton côté Devin ou un fermé voulant imposer sa façon de voir les choses ?

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Salut Princesse*,

Ce que tu écris a du sens. Tes questions sont cependant de type « fermées  » : elles transportent tous les gens sensés à la « bonne  » réponse : celle que tu veux entendre. 

Celle que tu ne veux absolument pas dépasser.
Celle qui préserve la morale.
Celle qui établit et fixe l’ordre des choses. 
Celle qui ne fait progresser personne. 
Celle qui ne libère pas les voies aériennes et empêche de hurler contre les injustices ou de lutter contre les peurs.
Celle qui forge les barrières puis la distance de l’absence d’oser. 
Celle qui fait la différence entre un mari, un ami et une connaissance.

Peut-être connais tu Guillaume Bats et ses poly-handicaps, Pierre Desproges et son cancer, Philippe Croizon et son tronc d’homme. 

Et tous les humoristes qui vivent (ou vivaient) autour.
Humour.
Princesse*, tu n’as pas regardé toutes les définitions du mot « dérision ».
Tu n’as pas fouillé. 
Tu nous a emmené là où tu voulais, Princesse*. 
Là où s’arrête ta croyance et que tu n’as pas voulu dépasser.
Regarde mieux. 

La dérision, en ce qui me concerne, est ma religion. Et je « prie » tous les jours.

La dérision est un outil, une méthode d’humanisation entre des hommes qui doutent, qui « galèrent », voire qui souffrent de quelque chose.

Toi, c’est la peur épidermique de la derrière étape. Il n’y a pas de raison pour qu’elle soit un frein pour « les autres ». Qui peuvent t’aider à l’appréhender par la face Sud. Je ne connais personne qui ne craigne pas la mort. Observe l’état dégradé du monde : cette peur en est la cause principale. 

Tous nos comportements sont une fuite en avant au regard d’un destin irrémédiable acquis dès la naissance. La première seconde de respiration est déjà la première seconde de moins.

Et chacun y répond à sa manière sur le curseur des objectifs personnels : du don de soi à l’holocauste.

Laurent

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Cher Lolo,

Je prends un peu de temps pour répondre à ton petit message.

Tout d’abord, je ne vais pas jurer en levant le pied droit. C’est un principe ! Ou en levant droit le pied gauche. Si tu veux. Ensuite, je viens sur ta vision de la dérision. 

Si l’on recherche la définition du mot, le Larousse indique » Moquerie dédaigneuse, raillerie mêlée de mépris, sarcasme ». Le dictionnaire de l’Académie française : « Moquerie méprisante »

A choisir, je préfère tout de même TA vision de la dérision. Mais que faut-il pour que la dérision ait l’effet escompté ? Car ça ne marche pas à tous les coups.

1-Il faut que la personne en face ait de l’humour. 

2-Le sujet abordé. Comment résonne-t-il pour la personne qui reçoit cette dérision ? Est-ce un sujet tabou ? Douloureux ? Léger ? Indifférent ?

3-Dans quel cadre cet acte de dérision est-il lancé ? Envers une personne en particulier ?  Un groupe identifié mais dont les personnes qui le composent ne le sont pas ?

  1. Parfois, il me semble avoir de l’humour…parfois non.
  2. Vendredi, [il] a lancé une petite blague qui pouvait paraître dérisoire, selon laquelle la fin du chat était imminente. Peut-être la dérision ? De mon côté, ça n’a pas fonctionné. Le sujet, et ça n’engage -je le sais bien que moi- est sensible. Globalement, le thème de la mort, même de mon chat, est délicat et même me pourrit la vie au quotidien. Ca m’obsède l’esprit. Alors, effectivement je n’arrive pas à en rire.
  3. Peut-on mettre au même niveau par exemple Patrick Timsit qui fait une blague sur les personnes trisomiques de manière générale (que chacun est libre d’écouter ou non) ou quelqu’un qui ferait la même blague directement aux parents d’un enfant trisomique ? Tu peux facilement faire la blague sur mon chat qui louche : cela te serait-il aussi facile de faire la même au mari d’une femme qui louche ou au père d’une fille qui louche ? C’est ce qui s’est passé à une cérémonie durant laquelle Will Smith a giflé l’animateur qui a fait une blague sur la coupe de sa femme. Coupe conséquence d’une maladie. Will Smith. Un mec plutôt rigolo. N’a-t-il pas d’humour ? Faut-il le blâmer de sa réaction ? Faut-il le comprendre ?

Bisous

Princesse*

* Le prénom a été modifié.

CHINOISERIES

Stéphane Séjourné, actuel secrétaire général du parti Renaissance et proche d’Emmanuel Macron, est nommé ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

FranceBleu.fr – Le 11/01/2023

Ooooohhh ! Comme c’est bizarre…!

Et « ça » marche aussi lorsqu’on a été copain de classe ?

Et notre nouvelle Ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports, des Jeux olympiques et paralympiques, des chaussettes propres, des chaussettes sales qui se prend les pieds en moins de deux dans le tapis de l’éducation. Une belle carrière efficace en vue.

La liste d’avant est trop longue et celle à venir inépuisable.

Mais, plaisir cependant est de constater que « le conseil des sinistres » s’est transformé en une bonne bande de potes qui rigolent bien ensemble.

Nous les espérons en Spécial Guest au prochain spectacle de Gérard D., admirateur de Vladimir P.

Le Président a des entrées gratuites.

DOSE

Rien de spectaculaire ici sur le papier.
Et pourtant. L’ambiance est respectée.
2 à 3 minutes après, la nuit prenait le relais.

Et tu as beau connaître la forêt dans laquelle tu te laisses enfermer régulièrement, visualiser mentalement le chemin pour rentrer, l’instant est saisissant.
Du blanc au noir en passant par la couleur bleue puis celle du sombre. A chaque fois, le palpitant remonte d’un cran.

Les arbres en toiles d’araignées.
Certains se courbent, on dirait.
Walt Disney devait se promener dans la forêt la nuit.
Il n’est pas allé chercher bien loin « son esprit ».

Le silence. Des craquements d’épaules d’arbres ou de hanches.
Un rapace s’envole. Un peu de vent dans les branches.
Du poids sur mes épaules raides.
La tension qui monte. L’adrénaline m’aide.

Des yeux jaunes de chevreuils éclairés par ma lumière.
Ils ne partent pas. Ne s’enfuient pas. Ils observent sans broncher.
Et si, cette fois-ci, ce n’était pas un chevreuil ? Un ours ?… Un… lièvre ?
J’ai un couteau dans la poche. Moi qui ne sait pas même désosser un poulet.

Il fait nuit complétement. Noir absolument.
Pas de lune. Rien.
Juste une frontale. Une en secours. Il faut être prévoyant.
Il n’y a pas de caméras ici. Pas d’autres moyens.

J’ai une demi-heure de marche devant moi.
Au cœur d’un silence frappé par le froid.
Qui n’est plus ce qui l’était.
« Avant », la forêt entière était givrée.

Elle était féérique.
Elle reste fantastique.
Elle est une drogue. J’ai eu ma dose.
L’homme de l’ombre se métamorphose.

LIMITE SENSIBLE

Elle est lourde ton histoire Sandra (*)
Pour un inconnu en tout cas,
Sa sensibilité opère,
Ambitionne d’apporter une parade, des outils au cœur de verre,

Il y a « là » la dimension de l’iceberg,
Le visible et la vie sous la mer,
Le sensible, aussi aigue soit sa puissance,
Est orphelin, au cœur des esprits, de compétences et de connaissances.

Ton histoire est lourde.
Les vagues se succèdent,
Le sensible endigue et construit des berges,
Mais rien ne les arrête, elles le submergent.

(*) Le prénom a été modifié.