PIQUE ET PIQUE ET COLEGRAM

Qui du cœur ou de l’esprit tire les ficelles en premier ?

Cela dépend bien de tes intérêts de l’instant.

L’esprit aux pieds, le premier sait être aveugle lorsqu’il est amoureux..

L’esprit, lui, sait étouffer le reste pour subsister

De l’amour étincelant à la prostitution, tu as toute la palette de leurs déséquilibres. Il n’y a pas de réponse tranchée à ton questionnement.

Je pense.

Et heureusement, si tu partais toujours de la même hypothèse, tu te tromperais une fois sur deux.

OR MASSIF

Le « handicapé » est à l’Homme ce que Kiabi est au Tee-shirt.
Nous voulons bien le porter mais pas longtemps.
A ce titre, le physique m’importe peu.
Ce qui m’intéresse est dedans.
Et, en termes d’humanité, de sensibilité et d’humilité, le « handicapé » est loin devant. Ses différences et ses souffrances lui ont ôté sa morgue et sa vanité.


DING DANG DONG

Je suis perplexe.

Tout aussi inquiet qu’excité.

Ce hasard qui fait bien les choses. Le destin dans sa tour de contrôle.

Il m’offre un tremplin. Je cours, je cours, je prends de l’élan, appui sur la planche et décolle dans ce style très particulier de celui qui part décrocher ses étoiles. Les bras et les jambes en moulinet, il monte, il monte le farfelu. L’extraverti dans son carton.
Il en train d’arracher sa tenue civile, son polo, son veston.

Mais d’où vient cette allégorie de la libération cérébrale qui veut que l’élu déchire tous ses vêtements et se retrouve torse-poil, bodybuildé comme jamais, les jambes gonflées, veinées, prêtes à  te faire parcourir le kilomètres lancé en moins de temps que nous pouvons même y penser.

Seul le caleçon et la taille n’ont pas évolués.

Nous voilà en forme de sablier.

Le Super-héros, viril à souhait, garde son sceptre d’entre-jambe originel. Pas d’extension. D’agrandissement.

Mais d’où vient cette allégorie de la libération cérébrale qui veut que le symbole, l’étendard de la fierté masculine mal placée, le fer de lance de nos guerres mondiales, soit oublié.

L’élévation se fait sans lui. Reconnaissons que, la majorité du temps, il tire vers le bas. Aucun Super-héros ne fend l’air en érection. Tu as l’image : Captain Marvel, Superman, Batman, Hulk ont tous l’air d’un con.

Le Héros male n’a pas d’attributs.
Paradoxal n’est ce pas.
Les eunuques sauvent le monde.

Je cours, je cours, je prends de l’élan, appui sur la planche et…et…je décolle…et…et……putain, qu’est ce que c’est…!?…putain, il y a une corde au bout du pied…
….putain, elle se tend, me stoppe net dans l’ascension.
En déséquilibre montant, les bras fendent l’air misérablement.
Identiques à ceux du boxeur qui a peur d’y aller.
Les mains s’accrochent à l’air. Elles ne créent que du vent.
Je m’arrête au milieu de rien.
La corde tient son rôle.
Je tombe, repars en arrière descendant.
Le plongeoir se rapproche à la vitesse de la lumière.
M’y fracasse les dents.
Sans rebondir, me voilà en descente verticale. La corde se tend.
Je pends.
Comme un gland.
Diagnostic de fissure cérébrale.
Ding Dang Dong.
On sonne.
Le serpent se dresse.
Se libère de la corde.
Recule, rentre dans sa caverne.
Sa tête dépasse.
Il attend.

SISYPHE DE JALLIEU

La reconstruction dépendra aussi, non pas de l’oubli de ton passé qui serait, comme l’abolition du sentiment de haine, une utopie, mais de ta capacité d’abandon. De son abandon dans ton quotidien. 
Dans tes transmissions aux autres. Ils portent déjà leurs fardeaux. 
Une porte se ferme.
Par surpression, une autre s’ouvre.

(—-)

Je t’invite à l’abandon.
Au sens du relâchement.

Pas à abandonner.
Abandonner, de ma perception, c’est oublier.

J’insiste sur les mots mais ils ont ce pouvoir de se ressembler parfois.
Juste physiquement.

Je t’invite à réorganiser ta hiérarchie des poupées Russes. C’est une invitation. Pas un conseil. Ou un avis. Une invitation.

J’entends la tienne. Mon meuble à moi, il vit avec moi. Il travaille avec moi. Trois cents soixante cinq jours par an sur trois cents soixante cinq.
Vingt quatre Vingt quatre. Sept sur sept.

Depuis 8 ans pour la version intégriste et 28 pour la version intégrale.

Est arrivé ce jour où, alors que j’étais en liberté, hors de cette prison plus grande, là -haut dans les nuages, l’encre dans un pipeline, ouverture 100 %, globe-trotter en Berlingo toutes options, ce meuble est venu me dire qu’il « ne me faisait plus confiance ».

La valeur fondamentale du sens à donner à nos existences.

Ce n’était pas mon objectif. Moi, je voulais voler.

En un seul mot, le bimoteur s’est crashé. Elle avait raison.

« La liberté des uns s’arrête »…bla bla bla…bla bla bla…

« Ne fais pas à autrui »…bla bla bla bla…

Alors, de cette gifle là naquit un Sisyphe en Nord-Isère. Il pousse son caillou sur lequel il a écrit à la craie « Confiance ». Il le pousse. Il le pousse. Et, dans la mesure où la confiance ne se perd qu’une fois, le caillou repart en bas.
Et Ducon, il redescend et il le pousse encore.

Car, oui, il a clairement trahi sa confiance. Il l’a galvaudée…

IPER DANGEREUX

Bonjour Monsieur du Web,

Comment ! …Mon numéro de téléphone n’a pas été reconnu par ton téléphone…!!! A toutes nos années d’amitié, les machines interposent leurs incompétences…heureusement, il nous reste la chaleur humaine et rien ne pourra briser notre amour Madeleine !…

Une adresse IP est la signature qui autorise la police des airs et des frontières à identifier n’importe qui n’importe où n’importe quand.

Mais, à te lire, pas ici. Pas dans notre cas. Ici, c’est une simple suite de chiffre qui ne sert à rien du tout.

Si j’insulte numériquement mon voisin, une convocation de gendarmerie viendra récompenser ma prose dans la minute. Et ici, un inconnu, peut être même un robot, aussi con qu’inutile, se dit, deux points, ouvrez les guillemets : « Et si je réinitialisais le mot de passe de Derrieremesyeux.com. Ça va m’occuper cinq minutes et après, j’irai boire un verre d’huile en ville, ça va me dérouiller un peu. De toute façon, je m’en fous, ils ne me retrouveront jamais. Avec une seule adresse IP, qu’est ce que tu veux qu’ils en fassent ! »…

Monsieur du Web, ton univers .con, j’le comprends pas.

Il est pervers. Moi aussi, mais moi, c’est pas méchant. C’est juste pour mater quelques nichons de temps en temps. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste un peu de faiblesse humaine.

Alors, vas-y. Augmente la sécurité. Mets des bazookas à l’entrée. Un vieux tank Russe, des chiens avec des mâchoires de pelles mécaniques. Un virus mortel qui fait fondre le foie, la rate et la quéquette. Pas le cerveau, ce serait trop facile.

Mais le type, je n’imagine pas que ce soit une femme, à part peut-être Madame Thatcher, le type qui rentre dans « Derrieremesyeux.com », je le plante à l’arme blanche. Je lui fabrique 24 trous. Ça lui en fera 30 au total. J’élargis le dernier à la truelle de maçon Portugais.

Et je m’en sers de paillasson ou de bloc-urinoir.
Je ne sais pas trop, je me tripote encore.
Mais ce monsieur aura une mort digne.

Vas-y, gère. Je suis DERRIERE toi mon pote.

. com

A POINT AU COEUR

Ayant atteint ou atteignant la cinquantaine, nous n’y arrivons pas avec le même état de l’esprit.

Tu le veux libre. Avec de l’espace. Au détriment d’un fusionnel compressé.

Le mien s’est émancipé en imposant, une éternité, ce qu’il n’aurait supporté une seconde.

Ils sont oxygénés différemment.

Le premier a mis l’individu au cœur.

Le second, le cœur de l’autre.  

LIGNE BLANCHE

Elle : « J’ai une fâcheuse tendance à l’excès. L’hypersensibilité n’aide pas.
Son diagnostic me permet juste de comprendre et d’accepter. Pour mieux gérer….le manque. De ma dose. »

Lui : « Voilà qui est parfaitement décrit. Chrono-logique en boucle.
Mais, les excès, Madame, par définition, les excès sont toujours ces pas de trop.
Et ils ne sont jamais sans conséquences avec dégradation.

Nous y opposons le « vivant » comme justification du dépassement de la ligne blanche. Sauf que le dégât, la bêtise, l’erreur deviennent la preuve matérielle de l’excès. C’est d’ailleurs à cet instant que nous admettons avoir franchi la barrière. En espérant toujours la repousser plus loin. Dès fois qu’on ne la croise pas.

Le « coup de chance » de l’euphorique.
Mais elle finit par se baisser la barrière.
Toujours.
Immanquablement.
Par définition.
Puisque nous poussons toujours trop loin.

L’excès est la maladie du romantique.

Les excès sont toujours ces pas de trop…qui nous font, de temps en temps, toucher le beau. Parfois le sublime.

Voilà une jolie histoire d’addiction.

Que d’autres, les « sages », ne toucheront pas du doigt.
Car, eux, je les observe d’ici, la main au dessus du verre, ils disent : « Pas trop »…

Ils vivent en gris.
Faut-il souffrir pour voir le beau ? »