Pom Pom Pom

J’ai les deux pieds par terre,
C’est la faute à Newton,
Le cœur en apesanteur,
La-haut, où tout est vide et rien ne raisonne,

Et pourtant, redescendre,
Les images, en fumées, en cendres,
Un vice, une faiblesse, une absence,
Sur mes branches, c’est pourtant là mon essence,

Ma drogue, ma dose et disparaître,
En observateur de l’autre, des fous,
Pour, dans ce creux silencieux, être ou naître,
De nouveau, en vers et contre tout,

Les mots pour reposer,
Le ballet aérien d’un humain,
Au sol où, incapable de calmer ses pieds, ses mains,
Il faut tenir, résister d’apparence à ce corps échappé,

Ce moi écharpé, le sourire qui s’évade,
D’un corps dans les yeux, le cœur dans les cieux,
Je peine à rester matière,
Ne résiste pas à la poussière,

Je courais, courais, suffoquais, regardais en arrière,
J’entends les chiens, dressés pour me rattraper,
La balle me traverse, je tombe à terre,
Ici, l’ombre du gardien des pensées, mon corps agrippé,

Au sol où, incapable de calmer mes pieds et mes mains,

Je laboure les cailloux, me tord pour mieux m’envoler,
Les yeux rouges, comme sonné,
Encombré par ce corps d’homme,
Étalé dans votre réalité, à portée de quelques pommes.

C’est la faute à Newton.

LES DALTONNES DE SAVOIE

Coup d’œil en arrière, clin d’œil au présent,
Au plaisir inconscient,
Éphémère pour longtemps,
Coups de vents et coups de sang,

Etre ensembles un instant, soudés souvent,
Et derrière nous maintenant,
Éphémère pour longtemps,
Le rythme des bottes frappent le souvenir marquant,

De rencontres au grès du temps,
Les rires font vivre les ombres,
Éphémères pour longtemps,
Ancrés à nos histoires cachées dans la pénombre,

Qui nous construisent de l’intérieur,
Offrent un peu plus de douceur,
Au cœur du cyclone de nos vies d’ouragans,
Éphémères pour longtemps.