ANESTHESIE

Anesthésie. Quel joli prénom. Quelle jolie mélodie.

Tes yeux qui, seuls, voyagent, défibrillent en vain ce cœur atteint,
Un filet de bave sur ton volant. Et, autour de toi, tous ces gens qui bavent en compagnie,
Secoués d’hémorragies nerveuses. Enchaînés à l’horloge qui fuit et fige leurs vies,
Avec l’espoir de devenir vieux pour, un jour, échapper à ce même demain,

Parmi ce flux de chair et ce flot d’absents, les imbéciles heureux qui bavent sans savoir.
Sans comprendre. Abrutis innés, heureux condamnés à l’inutile et à l’idée de comptoir,

Mon cerveau malheureux de ne plus pouvoir penser.
D’aller chercher tout au fond l’inspiration. Anesthésié, cloué à la seringue,
Du travail. Rappelons le, qui est la santé.
Mais si tu y perds ton sang, t’es dingue,

Englué dans un gris lessivé,
Condamné à s’évader sous peine d’être anesthésié.

BLUFF

« Emmanuel Macron, la personnalité de moins de 40 ans la plus influente au monde » titrent les journaux.
Et dire qu’il ne connaît pas la responsabilité de la paternité.
Pourtant, il influence le monde.
Selon moi, il gouverne à l’aveugle. La vrai pression, il ne la connaît pas.
Pas encore…

C’est comme si Le Pape donnait son avis sur l’éducation.

Ou si je tenais un restaurant.

EN PASSANT…XXII

L’homme moderne vit en souffrance permanente. Il ne sait pas ou plus se satisfaire de sa propre existence. L’enrichissement personnel, au sens construction de l’être humain, n’a pas la valeur qu’il mérite.  Pourtant, que reste t’il au milieu du fatras de nos objets, témoins de notre emballement de besoin de posséder, de notre histoire hormis notre personnalité, cette perception de l’autre à l’instant du souvenir. 

……

La transhumance annuelle des animaux à 4 pattes a lieu au Printemps et à l’Automne. Celle des animaux à 2 pattes, en Juillet et en Août. En termes de dégâts, il n’y a pas photo.

 

PAPIER FILTRE

Le niveau de vie représente ce que nous gagnons.

La qualité de vie, ce que nous nous offrons.

Une mince pellicule imperméable sépare ces deux représentations de notre esprit et les rend étanches l’une à l’autre.
En faisant d’elles deux mondes bien distincts et indépendants. Sans aucun lien.

A contrario de toute croyance qui voudrait que le niveau de vie fasse la qualité de vie.

Ce filtre n’est rien d’autre que notre capacité naturelle à être heureux nu comme un vers. A accepter l’existence sous toute forme.
Seul un instant, comme isolé de toute influence, en fermant les yeux. En stoppant le tourbillon. Ou en le laissant tourner sans nous.

Cette capacité est variable d’un individu à l’autre et fait de chacun de nous un être plus ou moins enclin à la fraîcheur, au plaisir d’être. Elle s’acquiert à notre création et constitue la plus belle richesse que nos parents peuvent nous transmettre. Ou nos rencontres, nos bouées lorsque le legs naturel parental est déficient.

A chacun d’être honnête pour accepter le niveau du curseur qui nous a été transmis. L’accepter car il n’est pas toujours flatteur ou bien loin de nos croyances d’ado. Pour le décaler à l’aide du temps. Car la force n’y fera rien.

A chacun de chercher dans le passé, au fond de soi, ses bouées de l’insouciance. Ses madeleines de Proust.

Faute de quoi, le niveau de vie n’aura que le goût de l’amertume.

Celui de la poursuite d’un bien être qui reste à l’horizon.