CLOPIN CLOPANT

Tout descend. S’écroule et pend en vieillissant,
La loi de la gravité serait sans conteste impitoyable,
Irréversible gravité de la loi de futurs mourants,

Tu peux lutter mais avec le temps va, tout s’en va,
« La, ici, touche. Tu vois bien qu’ça descend »,
« La, j’aime bien, mais là, ça’va pas ».

Avec le temps, tout pendouille,
S’ramollit, se froisse, s’étend,
Les yeux. Les joues. Le bide, Les couilles.

« Mais…puisque les regards des autres se plissent simultanément »,
« Ce n’est pas grave », je rassure, je cafouille,
Nos déformations accompagnent le mouvement,

Les rides s’accordent le pardon,
L’image, alors, reste la même.
Et, de toi, il n’est pas question d’abandon.

L’ODEUR EST HUMAINE

Récemment, quelqu’un me dit  » tu sens bon »…

« C’est gentil » je répondais.
« Mais, il faut être honnête, je triche….. », j’ajoutais.
« …? »…
…. »Je mets du parfum. »

Les apparences sont appartenance de l’esprit.
Et là, pas question de faire tomber le masque, de gratter le vernis,
Impossible de séparer les fragrances, d’aimer le vrai,
De distinguer les contours du brut, le beau du laid.

Est ce que je sens vraiment bon ?
Moi, j’ai accès à l’intime, je sais.
Jamais les autres ne sauront,
Leur nez est emporté, leur imaginaire détourné et le miroir déformé.

Une fois habillé, parfumé, tu es autant de personnes que de sens troublés,
Et pourtant, le plus souvent raide, un corps d’abord nu,
Parfois tordu, qui se redresse pour observer, pour être vu,
Puis, pour paraître beau ou plus haut, va se courber,

Et, pour exister, va s’incliner, se cambrer, aveuglé par ses sens,
Face aux apparences.

SECOUEZ MOI, SECOUEZ MOI….

La force d’une amitié se mesure à la simple question de savoir si nous pouvons nous en séparer. Si elle est durable et partagée, vous serez rapidement éclairé par une réponse silencieuse.

Pour connaître la force de belles amitiés, il faut être capable d’accepter et de s’imaginer vivre seul.

C’est ce que j’appellerai le principe du tamis de l’amitié.

Ce qui reste en haut vaut de l’or.

LES DALTONNES DE SAVOIE

Coup d’œil en arrière, clin d’œil au présent,
Au plaisir inconscient,
Éphémère pour longtemps,
Coups de vents et coups de sang,

Etre ensembles un instant, soudés souvent,
Et derrière nous maintenant,
Éphémère pour longtemps,
Le rythme des bottes frappent le souvenir marquant,

De rencontres au grès du temps,
Les rires font vivre les ombres,
Éphémères pour longtemps,
Ancrés à nos histoires cachées dans la pénombre,

Qui nous construisent de l’intérieur,
Offrent un peu plus de douceur,
Au cœur du cyclone de nos vies d’ouragans,
Éphémères pour longtemps.

LA LOI DU PLUS FAIBLE

Éphémère et contre tous, l’être humain a la faiblesse de ne pas penser au delà de lui.
Notre sphère, éternelle, le paiera de sa vie,
Quiconque se lève chaque matin en pensant à l’au-delà lève la main,
La planète est un objet fini, comme l’être humain,
Et lorsque l’être humain en aura fini avec la planète,
Alors, elle s’inclinera, ne vous faites aucun doute à ce sujet,
Et emportera avec elle le reste de l’humanité,
Le plus faible aura gagné,
Faute de n’avoir pas pensé au delà de son nez.