HAGARD REGARD

J’ai vu le regard de cette dame,
Au bras de cet autre, différent, hésitant,
Son regard est si bas, son sourire si fuyant, comme fautive, en s’excusant,
D’être sur notre chemin, si visible et portant son bonnet d’âne,

Tant que je verrais le regard de cette dame,
la cause ne sera pas entendue,
La colère, le regret me gâcheront la vue,
L’ignorance restera le foin de nos âmes,

Alors, lève la tête, Madame,
Présente nous l’oscillant,
Son histoire, prends le temps
De la rencontre, d’un sourire franc de la belle femme,

Que nous avons vu traverser,
comme une ombre de feuille morte,
Qui virevolte,
s’envole pour, dans une dernière transparence, fuir et se cacher.

BATTEZ VOUS !

Les courants de pensées répétés créent le conformisme.
Épuisent les uns et rassurent les ânes.
Je n’ai pas envie de penser en clone.
Ou d’être pansé en clown.
Sociologues, philosophes, psychanalystes ont révélé leur bout de chemin.
Il n’est pas une seule vérité qui sorte d’un humain.
Prolonger ce chemin m’appartient.
Prolonger le chemin vous appartient.

RETOUR A LA TERRE

Ce que je retiens de ces deux dernières années ?

« Il faut cultiver son jardin » écrivait Voltaire qui était loin d’être un âne.

Pour le cultiver, il faut le définir.

Il faut constater ses bosses, ses trous et ses carrés d’herbe parfaits.

Quoi qu’il en soit. Il sera déjà bien assez grand pour toi.

Et toute graine qui viendra s’y jeter au grès du vent et y pousser devra être observée dans un premier temps.

Dans un second, tu pourras la faire grandir ou l’arracher.

LE GRAND ECART

Observons le développement des métiers de l’externalisation éducative de nos enfants. Psychologues, coachs scolaires viennent se substituer à ce qui était et devrait être notre propre rôle naturel.

Le meilleur psychologue, le meilleur coach sont la seule attention que nous portons à nos enfants. Notre capacité « à les écouter ». Je n’ai pas écrit « à les entendre ».

Encore faudrait il en avoir envie. Car, en être capable, la question ne se pose pas. La nature humaine est prévue « pour ».

Mais le confort moderne nous en a détourné. Au profit du nombrilisme.

Le constat est simple : l’évolution de notre organisation et de nos valeurs sociales nous détourne purement et simplement de la plus simple des missions, l’éducation.

Cet abandon planifié, la sous-traitance de l’apprentissage créent de l’emploi. C’est la bonne nouvelle économique.

Mais, quand l’argent refait le lien, doutons de l’efficacité pédagogique à terme. De la puissance du message reçu par l’enfant.

Le coeur et la monnaie n’ont pas d’histoire commune. Le discours de l’étranger reste distant.

Ce grand écart plonge, entre autres, nos sociétés en décadence.

ET SI ON CHANTAIT..?

La misère n’est pas moins pénible au soleil.
Et non.

Même avec de la musique entre les oreilles.

La misère collective devient un mode de vie.
Supportable dans l’entraide, le soutien et le partage du rien.
L’envie reste permanente ; et sans jalousie.
Jaloux de quoi puisque cela ne peut être moins bien.

La misère solitaire, elle, est invivable,
Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse soleil.
Que vient faire la météo quand on a pas de table ?
Entouré de tout et quand il n’y a que les yeux qui s’émerveillent.