L’ODEUR EST HUMAINE

Récemment, quelqu’un me dit  » tu sens bon »…

« C’est gentil » je répondais.
« Mais, il faut être honnête, je triche….. », j’ajoutais.
« …? »…
…. »Je mets du parfum. »

Les apparences sont appartenance de l’esprit.
Et là, pas question de faire tomber le masque, de gratter le vernis,
Impossible de séparer les fragrances, d’aimer le vrai,
De distinguer les contours du brut, le beau du laid.

Est ce que je sens vraiment bon ?
Moi, j’ai accès à l’intime, je sais.
Jamais les autres ne sauront,
Leur nez est emporté, leur imaginaire détourné et le miroir déformé.

Une fois habillé, parfumé, tu es autant de personnes que de sens troublés,
Et pourtant, le plus souvent raide, un corps d’abord nu,
Parfois tordu, qui se redresse pour observer, pour être vu,
Puis, pour paraître beau ou plus haut, va se courber,

Et, pour exister, va s’incliner, se cambrer, aveuglé par ses sens,
Face aux apparences.

VAFFANCULO

Souvenir de vacances

Message aux sacs à merde qui ont saccagé, démonté notre voiture à TURIN, foutu par terre nos vacances et qui ont emporté mes lunettes : attention, ce sont des lunettes de vue avec une correction à droite de 0.5 dioptries !

La vie ne m’apprend plus rien non plus : c’est toujours l’histoire des gentils et des méchants, des assureurs et des voleurs.

Merci à Pino pour le coup de main et Enzo pour le coup de fil.

MADAME SIMONE

Il y a TRÈS peu de TRÈS grandes personnes parce qu’il y a finalement TRÈS beaucoup de petites personnes.

Combien de minables pour une si grande dame.

Elle est rentrée au Panthéon. C’est une très bonne décision. Madame SIMONE va pouvoir, enfin, se reposer de toute cette bêtise qu’elle a combattu inlassablement et qui, inlassablement également, gangrène toujours comme la rouille le fait sur le métal.

Madame SIMONE est rentrée au Panthéon.

Et il y a encore des cons dehors.

Soyons lucides, nous pouvions en compter dans les gradins.

Ce n’est pas nouveau. Ce qui m’inquiète, c’est le rapport des forces.

HAGARD REGARD

J’ai vu le regard de cette dame,
Au bras de cet autre, différent, hésitant,
Son regard est si bas, son sourire si fuyant, comme fautive, en s’excusant,
D’être sur notre chemin, si visible et portant son bonnet d’âme,

Tant que je verrai ce regard ,
la cause ne sera pas entendue,
La colère, le regret me gâcheront la vue,
L’ignorance n’aura pas d’espoir,

Alors, lève la tête, Madame,
Présente nous l’oscillant,
Son histoire, prends le temps
De la rencontre, d’un sourire franc de la belle femme,

Que nous avons vu traverser,
comme une ombre de feuille morte,
Qui virevolte,
s’envole pour, dans une dernière transparence, fuir et se cacher.