VERDUN

Tu auras vécu un épisode caractéristique tout au long d’un repas festif d’un Laurent aux maux invisibles et aux mots ruisselants.
Vous n’aurez pas ressenti le grand écart entre le dehors et le dedans.
Le travail avant et l’excitation pendant.
Qui transforment, au moment du départ et un petit peu avant,
Des paupières de quelques grammes en tonnes, environ quatre cents.
Qui abandonnent un corps vidé de son esprit et un cœur qui se contente de faire tourner son sang.
Pour enfin récupérer, dans le fond du bidon, le soupçon d’énergie pour aller se brosser les dents.

Et tu reproduis « à l’infini » depuis l’âge de conscience les situations sociales amicales, professionnelles, scolaires, familiales qui m’amènent aujourd’hui, au regard de l’usure de la machine et de ses ruptures successives, à laisser tomber le masque.

Tu ajoutes à la recette ce qui se nomment les troubles de l’attention, la résistance au changement, la nécessité de routines, une hypersensibilité acoustique, émotionnelle, créatrice, sensorielle, les tocs, quelques obsessions, une incapacité notoire à gérer l’imprévu ou le stress en faisant glisser le curseur immédiatement dans ces situations de tous les jours vers la panique ou l’impulsivité. La violence.

Et, tu emballes l’ensemble avec le petit nœud de la pathologie dite de « l’anxiété générale » qui n’est ni maîtrisée, ni contrôlée.  
Tu peux essayer de la faire fuir avec tous les arguments de la maturité, en vain.
Elle est un état mental. Elle est toi. Te retient avec ses mains.   

Au quotidien depuis tout ce temps, voilà la paquet cadeau au coeur duquel le sport, la nature, une quête absolue et impossible du silence total, les arbres que je considère par-dessus tout, ma femme, ma fille, la poésie, la photographie ont tenté de créer les vaisseaux sanguins de dérivation de la sorcière Cortisol.

Depuis le biberon, ton pote est une bulle avec juste deux pieds sur le sol.

C’est aujourd’hui en cachets et entourés de sachants dont vous faites partie maintenant, qu’il faut progresser.

Et force est de reconnaître que « c’est Verdun » du sommet du chapeau jusqu’au nez.

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