HANDICAPÉS DES COUILLES

Nous autres, les « normaux », ne mesurons pas l’épaisseur des sédiments de la force agglomérée chaque jour par une personne en situation de handicap.

Même avec la meilleure des volontés.

Car, nous autres, les « normaux », « nous » sommes beaucoup plus fragiles.

Paradoxe.

Ce sont l’apparence et nos facilités qui trompent.

Les personnes en situation de handicap sont bien plus courageuses.

Elles vivent chaque jour au-delà de « nos » peurs.

Dans une Atlantide hétérogène mais qui aurait ce pouvoir de calmer une humanité en train de rater sa vocation : celle d’éduquer.

CACHE A L’EAU

Rien de géant…et pourtant,
Une brèche dans la pierre, un creuset,
Un monde à part, dans un rocher insignifiant,
De l’eau des vagues salées s’est engouffrée puis s’est installée.

Parfois, une nouvelle inondation.

Au cœur de cette eau limpide,
Protégée de parois aux films d’or,
Elle flotte, immobile, verte translucide.
Langoureuse, lascive jeteuse de sort.

Parfois, des tourbillons.

Elle en a vu des vagues et quelques tempêtes.
Des tourments à s’arracher,
A perdre la tête,
Mais rien ne l’effraie.

Il se dit qu’elle ne serait pas assez jolie,
Pas assez grande pour être contemplée,
…et pourtant…., dans ce vase, un trésor de modestie,
La force paisible de la dignité et de la pureté.

EN VIN

Je m’astreins avec application à un régime alcoolique végétarien.
A base de Chartreuse.

Mon foie, c’est la route des vins,
La déroute des veines,
Il devient vain de l’éponger,
Mon foie fuit,
Il est inondé de vin,
Il ne faut pas être devin,
Ni trois,
Ni vingt,
Le vin m’envahit,
Ma foi, je deviens alcoolique,
Pour les fêtes seulement,
Pas le reste du temps,
Un vigneron me l’a garanti,
Je lui fais confiance,
Il m’a con-vin-cul,
Et vingt culs nous font autant de bouteilles,
Jolie cul’lection, n’est ce pas ?
C’est le fond de l’histoire,
Mais, lorsque tu l’aperçois, c’est qu’il est sec,
Alors, ces culs de bouteilles,
Pour les voir, il faut les boire…
Pour croire, il faut boire…
…cul sec !…
En tout cas, pour moi, c’est tout bu….!

LE NOIR VEINE

Voyageur sans ailes,
Le silence scelle,
Le silence recouvre.
Le silence retrouve.

Le silence raisonne.
Et assoie les Hommes.

Il transpire.
Et ne respire pas.
Il entoure.
Et n’enveloppe pas.
Il signifie,
Mais ne palpite pas.
Il apaise,
Mais ne réchauffe pas.

Le silence est bleu froid,
Une coque à voix,

Le silence est roi,
Le toucher du doigt,
L’ agripper à plein bras,
Le serrer, le ficeler, en faire un tas,

Le partager,
L’ envoyer,
L’ offrir,
Et s’évanouir.

Le silence, le roi et la peine,
Du verbe à l’échafaud,
Des pensées fontaines,
Le roi et la plaine des mots,

Ce silence, je ne le garde pas.

Ma plaine est pleine,
Le silence voit,
Les couteaux à l’âme, les poignards à doigts,

Le noir veine.

LA QUEUE ET LA BOULE

La douceur des femmes est l’épaisseur d’air qui suspend la planète Terre,

Au cœur de rien, elle flotte, posée sur un coton, sans plus aucunes gravités,

Douces et légères,

Alors, je pose un homme sur cette sphère.

Je ne le retiens pas et le regarde gambader,

Laissons lui un peu temps, ce jeune chien, avec ses poils et sa queue en l’air,

Pour en faire une boule de flipper.