A PLAT VENTRE

…Je ne faisais rien.
Rien du tout.

C’est exactement ce qu’il faut faire.
Pour que tout commence.

Je ne faisais rien…
…faux !…
…archi-faux !…
…assis dans la pente, je regardais…
…j’observais…
Je ressentais la chaleur printanière d’un soleil en avance sur son temps…

…devant les yeux ouverts, rien ne bouge….
…faux !..
…archi-faux !
Les nuages bougent.
Les feuilles bougent.
Les gens marchent.
Les vaches marchent. Elles pissent debout. Sans pudeur.
Les parapentistes volent.
Un papillon, c’est normal d’être déjà là ? je lui demandais du regard….et toi ?..y’m’dit..tu fais quoi ? ..tu papillonnes ?…est ce que c’est normal ? …
Le papillon sourit….je lui réponds que c’est Dimanche. Que oui, c’est normal…
….c’est dimanche pour tout le monde tu vois me lança t’il !…j’ai entendu ses mots mais j’avais perdu sa trace dans l’azur. Bleu sur bleu, sacré camouflage…
….fin de la conversation…

….Je ne faisais donc pas rien. Et autour de moi, déjà une grosse pagaille….un beau bordel…et je ne parle pas de la course du soleil.
Disons que, de loin, j’étais immobile. Un art primaire.
Bousculé par une vie secondaire.
La survie y’disent à la télé…

…et puis, me voilà à m’exciter…après une bonne heure à ne « rien faire »…
…assis, debout, couché.
A plat ventre. Genoux mouillés. C’est toujours l’hiver.
Le soleil n’a pas encore le temps d’essorer.
Et le vent d’ange de ce dimanche n’a que la force de nous caresser.
De nous rafraîchir même….
…..à plat ventre…

….devant moi, là, immobile.
En apparence .
En apparence seulement.
Car, si tu te penches encore un peu plus, pantalon tout mouillé, tu vois que, depuis une heure que tu es là, à côté, il y a une touffe qui joue avec les rayons du soleil. ..

Ses couleurs ne sont jamais les mêmes…
…là, à côté de moi, une boule à facettes qui sort de terre…
La touffe est joueuse.
La touffe est discrète.
Ignorée même.
Sans charme dit on.
Basique….
C’est mal la connaître !!..

Et c’est à cet instant là que nous nous sommes rencontrés, les antennes et moi.
Coup de foudre.
Je n’ai pas fait exprès.
Je ne les avais pas vues dans la lumière.
Ce sont elles qui se sont invitées en premier plan.
Je ne savais quoi en faire.

Grâce,
Suspension,
Transparence,
Tension,
Étirement,
Douceur.

Soutien.
Ensemble…..me demandait de les prendre en photo.

Un clic d’une facilité déconcertante.
Le travail consistait à cadrer.
La profondeur s’imposait d’elle même.
La nature a fait le reste.
J’étais couché devant elle.
C’est un minimum.
A plat ventre devant la planète.
Il me semble que tout est donc dit.
Encore une fois.
La nature est belle.
En se levant.
En se couchant.
En ne faisant rien.

Inutile de vouloir nous surélever pour voir plus loin,
Ou plus haut que le voisin.

Le beau est à nos pieds.
Il est toujours harmonieux. Équilibré.
Modeste. Discret. Élégant.
Au « pire » chatoyant…

Simple.
C’est l’homme qui est compliqué.

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