DÉCLARATION

La chaleur, je l’aime.

Les éléments extrêmes me plaisent car ils nous testent.

Exacerbent notre état de vivants.

Les rencontrer est la meilleure des manières de progresser.
Approchant les limites. Palpant l’émotion de la perte.
Du matériel, des autres. De soi. En effleurant la faucheuse verte.

En cas de négligences, cette nature là nous sanctionne.
Le plus fréquemment, d’un coup de règle sur les doigts,
Celui du soleil sur la nuque. Soit en nous renvoyant dans l’au-delà.

Brutalement, elle fixe l’existence.
Rappelant au brutal la force de l’humilité,
Avant de prendre soin d’offrir à nouveau sa fertilité.

Mais, il ne tardera pas à réagir avec l’énergie du tout petit face au géant.
En déployant toute sa gamme du coup-bas.
En la mouchant de sa morgue, d’un revers de bras.

Il continuera à franchir les frontières sur tous les fronts,
Il est trahison.
Un Homme resté tout petit garçon.

JE NE SAVAIS PAS.

L’écriture fait partie des solutions.

Je ne le savais pas lorsque, il y a dix ans, en 2016, il a été possible de créer ce site.

Mais le besoin était plus fort que l’intuition.  Je l’ai demandé d’instinct.
Il me fallait un espace de repli virtuel pour respirer mieux quelque part. J’étouffais partout ailleurs. Le corps en disait déjà long comme le bras.

Comme il me fallait un espace de repli physique.
Qui m’a été volé il y a 7 années maintenant.

Mon fonctionnement ne m’a pas permis de compenser l’émotion du décès de mon grand-père en décembre 2013. Les « choses » ont commencé à dériver à partir de ce déclencheur. Le niveau de « stress » était monté trop haut.

Mon fonctionnement ne m’a pas permis de compenser l’émotion de l’opération du Noel du 24 décembre 2024 additionnée à celle du départ de l’oncle phare deux mois plus tard. Puis la maman de Stéphane en mai puis celle de Rémi en septembre.

Les « choses » ont commencé à se préciser sérieusement à l’arrivée de symptômes physiques en mai 2025. Et qui, pour l’heure, n’ont pas cessé de s’étendre. Les premiers étant réduits par le cachet du matin.

Il s’agit de la seconde fois qu’un traitement médical bien précis et similaire au premier agit là où ça dérive.

Il y a une explication. Alors, en fin limier doté d’un sens du détail exacerbé, je cherche.

Je trouve. Et je n’ai aucun doute. Ni besoin de professionnels pour faire le diagnostic. 40 années d’expériences de technicien vous forgent un très bon ingénieur.

L’épreuve physique est cependant allée bien trop loin cet été.
 J’ai toujours peur car choqué par son intensité.
Il reste maintenant le 24.

Mais j’ai tout compris. Il aura fallu un bon bout de vie.  

Je partage et espère fortement aujourd’hui avoir l’opportunité de vivre une vie supplémentaire avec ces traits mentaux. Et plus contre eux.

Ils ne sont pas « une bête puante ». Ils sont les outils d’une lecture parallèle.

C’est la raison profonde du partage.

Il aura fallu la création de cette passerelle suspendue entre l’existence et les affres d’un-revoir.

« Derrière mes yeux » est un titre intuitif qui ne peut que dévoiler l’idée que cet esprit savait mais il ne savait pas à quel point.

Il ne pouvait que mesurer les intensités des paniques et les comparer, pourquoi pas, à une timidité éventuelle.

Je comprends, à 53 ans, l’origine de mon premier malaise au collège.

Des histoires à la pelle depuis.
Mais pas assez de buches de bois pour toutes les raconter auprès du feu.

Certains textes attestent du pouvoir libérateur de l’écriture. L’encre ouvrait des paquets. Libérait des oiseaux messagers.

Tu peux commencer par un tout petit texte. Un bout de quelques mots du 23 mai 2019. Son titre : « GARDE A VOUS ». Accompagné d’une photo de l’antre d’une orchidée prise par mes soins.

La dégringolade de ma capacité d’écritures, d’être ce faiseur de photographies qui me permettent de dévoiler les détails des mondes qui « vous » entourent, de montrer les raisons qui « vous » les rendent beaux, magnifiques ou effrayants, ont été les déclencheurs ultimes de mes recherches.

L’épuisement mental est le bouquet final du troublé autistique « neuronal ».

Il fallait agir mais mon corps a pris, semble-t-il de l’avance.

Je lui dis juste que je ne savais pas, que je faisais de mon mieux.

Je lui demande aujourd’hui de l’indulgence et d’accepter de m’accompagner encore de nombreuses années.

Je ne suis donc pas surpris.

Contrarié et animé de cette furieuse envie du chauffard qui voit un mur arriver trop vite et qui tente, par réflexe ou sursaut de bon sens, de faire une marche arrière.

Déçu par la nécessité de tant d’épreuves pour comprendre mais apaisé de l’expliquer.

Mais pas surpris.