LA MARCHE A BIAIS

Le biais cognitif  trompe le cerveau. Il existe tant et tant de sortes de tromperies que, finalement, nous marchons de biais. Tenter de comprendre et corriger ces tromperies nous ferait pencher de l’autre coté. Toujours en biais.

Nous titubons alors.

A tel point qu’il est raisonnable de se tromper de penser que le monde avance aussi de biais. L’état de la planète, l’état de nos passions, de notre environnement proche, de notre chez soi sont le fruit de la marche à biais. Une addition d’erreurs heureuses ou malheureuses. Mais, à aucun moment, maîtrisées.

Nos rencontres seraient le croisement de ballades à biais qui se termineraient bien à priori.

Ou pas.

Je fais l’erreur de croire que la plus belle ballade à biais est la ballade de la vie à deux. Avec, comme point de départ,  un face à face chanceux où deux regards se croisent et osent imaginer, au même moment, au même endroit, que le hasard a bien fait les choses.

Alors que, finalement, ils n’ont fait que marcher de biais l’un et l’autre jusqu’à se tamponner pour se redresser. S’assembler pour ne faire qu’un.  Puis repartir de guingois.

A biais.

ET SI ON CHANTAIT..?

La misère n’est pas moins pénible au soleil.
Et non.

Même avec de la musique entre les oreilles.

La misère collective devient un mode de vie.
Supportable dans l’entraide, le soutien et le partage du rien.
L’envie reste permanente ; et sans jalousie.
Jaloux de quoi puisque cela ne peut être moins bien.

La misère solitaire, elle, est invivable,
Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse soleil.
Que vient faire la météo quand on a pas de table ?
Entouré de tout et quand il n’y a que les yeux qui s’émerveillent.

EN PASSANT…XI

Lorsque chacun évoque la notion « du temps qui passe », une forme de nostalgie s’installe dans l’échange. Elle est amplifiée après le fromage et quelques verres de blanc. Certains refusent de souffler les bougies,  ces anneaux de croissance des gâteaux à la crème. Pourtant, « gloire » à ce temps qui passe et qui garde, dans ses filtres, l’essentiel ; les cristaux de notre propre existence.

Je sais maintenant que très peu d’histoires de l’univers professionnel traversent le filtre du temps ; c’est bien sur la base de ce constat que certain(e)s s’engouffrent immédiatement dans le désintérêt de l’avis et de la vie de l’autre. Ils ont tort car subsiste un substrat d’une grande richesse, une fiole contenant le suc du dépassement de l’indifférence.

Avez vous remarqué que le mot « CONNECTE » commence aussi par CON ? ..Les connections informatiques inondent la planète et dégueulent jusque dans nos godasses. Je suggère, en marge de cette intelligence artificielle qui nous sauve tant, qu’un exemplaire de connexion neuronale soit conservé dans un bocal, connecté évidemment. Dés fois que…Vivement le slip connecté que je connaisse en tant réel la température  de mes roubignolles. Et du reste aussi.

EN PASSANT …VII

La vie est une condamnation à perpétuité : nous sommes enfermés dans notre corps. Nous n’en sortons jamais et il décide de tout. Nous l’oublions en permanence alors que cela devrait être un pré requis. Et, un jour, il nous condamne à mort.

 J’entends dire « La vie est une autoroute ». Bien. Je décide donc de laisser la voie de droite aux poids lourds ; je me cale sur la voie du milieu car je m’inquiète de la santé mentale des automobilistes de la voie de gauche.