PAT ET CHWORK

Les arbres sont à l’abri d’eux mêmes….
Voilà peut être pourquoi ils vivent si longtemps.
Ils ne craignent que d’être déracinés.

Une succession de plis et de creux tisse un drap.
Une couverture.
Une protection.

Le ciel a zébré après le passage de l’orage…..Le ciel, lui, était devenu auparavant tout noir. D’un coup. Noir de colère peut-être….il n’était pas content on dirait car il s’est déchaîné. Il est resté sage cependant. Il n’a rien emporté, il a juste prévenu.

Et, pendant ces instants, l’homme, habituellement grande bouche, soucieux de la nature quand.……non, non, soucieux de rien du tout, se tait. Il la ferme bien fort. Il fait le roseau. Et les plus souples peuvent toujours se toucher les pieds en attendant que ça passe…

L’homme et sa technologie sont hautains. Ils passent à côté de la nature comme nous passons tous à côté d’un clochard. En le regardant de trop haut, en lui donnant la pièce parfois.

Et puis, de temps en temps, elle se fâche.

L’homme s’en étonne et fait plein de reportages. Sur les conséquences. Mais jamais sur les « pourquoi ». Dès fois que celui qui filme se retrouve à l’image.

Mais c’est bien pour elle que les bipèdes devraient « construire des églises ». Certains humains dans certains pays l’ont compris.

D’autres continuent à jouer la comédie et à bouffer des hosties.

Un bon ouragan pour emporter tout ça…..

Amen.

PETIT VELO DANS LA TETE

J’attendais l’écureuil de 18h17,

Il n’est pas venu,

Ou il est arrivé en retard, je ne saurai jamais,

Ou ma montre était en avance,

Nous ne nous sommes pas vus,

Je ne pouvais pas l’attendre,

J’étais pressé,

Pas tant que ça, mais il fallait que je marche,

Pressé de faire quoi. Je ne sais pas.

Pourtant, j’espérais la rencontre, malgré le froid,

J’étais venu un peu pour ça, l’urgence a pris le pas,

Pas à pas, je suis parti,

A reculons, au cas où, pour ne pas se rater d’une seconde,

Un coup d’épée dans l’herbe,

Pressé de faire quoi,

Je ne sais pas,

Se croire pressé, c’est vouloir se rendre important,

Pourtant, il n’y a personne qui m’attend,

S’imaginer être pressé, pour se valoriser au milieu des bois,

Se donner une importance alors que personne ne voit,

L’ego est dans la nature et la dénature,

Elle qui ne bouge pas, ou juste pour faire plaisir au vent,

Qui se bat pour la changer de forme,

Elle plie mais ne rompt pas,

Tout le monde est content,

Sauf moi, éphémère de la planète,

Qui tourne en rond, qui fait semblant,

D’attendre un écureuil qui ne viendra plus,

Un souffle sur la tête,

Et je m’éparpille au 4 coins,

Je vole sans bouger.

Et ne retomberai que lorsque le vent aura cessé.

C’est la nature qui commande,

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué,

Frêles bipèdes,

Monstres carnassiers,

Défonceurs de sol mère,

Étouffeurs d’air,

Voyez comme elle observe le silence,

En l’absence de son avocat,

Elle ne se défend pas,

Elle reconnaît les siens,

Ici et là, au soleil, les sème,

Pour, sur un banc, une corniche, une montagne, une vallée,

Contempler, forger ces tand’aimes,

Ancrés dans les herbes et, dans les nuages, dispersés.

MIROIR SANS TEINT

Un orage a inondé la campagne.
Le soleil qui a suivi aussi.
Leur mariage était scintillant.

L’ Homme pourra toujours se regarder dans le miroir et se demander qui est le plus beau,

Et se satisfaire de sa réponse en flattant du doigt ses contours,

Et, en refusant la vérité,

Car c’est bien la nature qui l’emporte autour,

Il a tort de la négliger.

RACINES

Envoyé un bout d’Automne,
Un bout du môme,
Que j’étais, qui a poussé au milieu des branches,
En s’y accrochant les bras, le cou, les hanches,

Si souvent perché,
J’y ai découvert le silence, l’immobile et la pensée,
C’est là que je reviens inlassablement,
Et, de craquements en craquements,

Inondé de rien, tout nu habillé,
Je sais que c’est là, par les bois abrité,
Que ce corps existe,
Loin de la lumière, de la piste,

Là, au milieu du bleu, du vert, du jaune,
Au cœur du juste, les poings abandonnent,
Envahi d’air, les pieds ancrés,
Et devant toi, l’éternité.

VAFFANCULO

Souvenir de vacances

Message aux sacs à merde qui ont saccagé, démonté notre voiture à TURIN, foutu par terre nos vacances et qui ont emporté mes lunettes : attention, ce sont des lunettes de vue avec une correction à droite de 0.5 dioptries !

La vie ne m’apprend plus rien non plus : c’est toujours l’histoire des gentils et des méchants, des assureurs et des voleurs.

Merci à Pino pour le coup de main et Enzo pour le coup de fil.