CHACUN SA CROIX

Mon Dieu !…Accrochons nous au divin….

Comme une forme d’impuissance terrestre. Cette impuissance même qui guide les croyants.

Mesdames Messieurs, ne vous offusquez pas.

Vos croyances ne sont que l’expression de vos faiblesses.

Il est normal d’en avoir.

Vous êtes humains

Chacun est perclus des siennes.

Par exemple, je bois du vin.

Je n’aime pas la mort.

Je n’aime pas « le noir ».

Sauf en chocolat.

Par contre, Mesdames Messieurs les croyants,

Si vous pouviez arrêter de faire chier les autres avec vos romans à 10 000 pages,

Vos rhétoriques d’école primaire,

Et, encore, je suis large….

Il y a une majorité d’humains que cela n’intéresse pas.

Ils se rassurent autrement.

Et vous leur faites peur.

S’il vous plaît, déversez vous dans votre coin, entre vous.

Ensemble.

Faites un barbecue.

PETIT VELO DANS LA TETE

J’attendais l’écureuil de 18h17,

Il n’est pas venu,

Ou il est arrivé en retard, je ne saurai jamais,

Ou ma montre était en avance,

Nous ne nous sommes pas vus,

Je ne pouvais pas l’attendre,

J’étais pressé,

Pas tant que ça, mais il fallait que je marche,

Pressé de faire quoi. Je ne sais pas.

Pourtant, j’espérais la rencontre, malgré le froid,

J’étais venu un peu pour ça, l’urgence a pris le pas,

Pas à pas, je suis parti,

A reculons, au cas où, pour ne pas se rater d’une seconde,

Un coup d’épée dans l’herbe,

Pressé de faire quoi,

Je ne sais pas,

Se croire pressé, c’est vouloir se rendre important,

Pourtant, il n’y a personne qui m’attend,

S’imaginer être pressé, pour se valoriser au milieu des bois,

Se donner une importance alors que personne ne voit,

L’ego est dans la nature et la dénature,

Elle qui ne bouge pas, ou juste pour faire plaisir au vent,

Qui se bat pour la changer de forme,

Elle plie mais ne rompt pas,

Tout le monde est content,

Sauf moi, éphémère de la planète,

Qui tourne en rond, qui fait semblant,

D’attendre un écureuil qui ne viendra plus,

Un souffle sur la tête,

Et je m’éparpille au 4 coins,

Je vole sans bouger.

Et ne retomberai que lorsque le vent aura cessé.

C’est la nature qui commande,

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué,

Frêles bipèdes,

Monstres carnassiers,

Défonceurs de sol mère,

Étouffeurs d’air,

Voyez comme elle observe le silence,

En l’absence de son avocat,

Elle ne se défend pas,

Elle reconnaît les siens,

Ici et là, au soleil, les sème,

Pour, sur un banc, une corniche, une montagne, une vallée,

Contempler, forger ces tand’aimes,

Ancrés dans les herbes et, dans les nuages, dispersés.

HYPERSENSIBLE DU CŒUR

L’excès est l’un des moteurs du vivant,

Du joyau bordel de l’âme,

Une contraception de l’uniforme,

Un coup vif de pinceau rouge dans le tableau,

Le beau, le bon, le gentil, le don, la poésie et la chaleur naissent tous de l’émotion,

L’hypersensible est doté de deux cœurs, un qui le fait vivre. Et un qui le fait exister.

Parfois, ils s’expriment , ils se cabrent.

Comme les purs-sangs.

Un TESSON deux bouteilles

Doucement ébréché, rassasié à la lisière du gavé, je suis porté jusque sur mon lit par ces sensations d’apaisement, d’oubli, d’abandon.

L’erreur du débutant consiste à s’allonger. Et d’imaginer, en fermant les yeux, allonger d’autant la soirée en la saupoudrant de dernières pensées.

C’est bien cependant le meilleur moyen de se réveiller au cœur de la nuit. Chaussures au pieds, étriqué dans des vêtements inadaptés. Arrosé d’une ampoule oubliée.

A cet instant commence la souffrance du fainéant du couché. Chaussures, chaussettes, si basses chaussettes, pantalon, caleçon, chemise à trop de boutons, pull…la liste est aussi longue que le moment de la transformation…le déshabillage ne nous réconcilie pas avec l’idée initiale de l’abandon.

L’abandon a bon dos.

Bien réveillé à l’issue de ces contorsions, je décidais alors de partir « Dans les forêts de SIBERIE » avec TESSON. Lui aussi ne suce pas que des glaçons même si je reconnais qu’il fait moins froid chez moi.

La solitude, le silence ont quand même le goût de la vodka. La liberté est alcoolisée et s’habille à cet instant de factice, d’un protocole obligatoire. Et la liberté n’est pas obligation. Ces glaçons jettent un froid dans la boisson de TESSON. Serait-ce une partie du prix de la liberté ? Une partie seulement car la liberté coûte très cher. Bien au-delà du cours de la vodka.

On est bien avec TESSON. On y est bien dans les bois et dans la cabane. Combien de temps pour moi avant de mourir de froid. De faim ou bouffé. En filigrane, la liberté. L’air. Le cerveau roi.

La nourriture des yeux. Se satisfaire de l’alimentation de la pensée qui peut, enfin, faire le travail pour lequel elle a été conçue.

Et qu’elle a oublié.

A force de se faire dégueuler dessus par des milliers d’objets. A force d’être chassée par les idées boueuses, les modèles poubelles des hommes aux plus grandes gueules. En tout cas de ceux qui ne pissent pas le plus loin.

Et si ça ne vole pas haut, cela a au moins le mérite de retomber sur leurs godasses. A défaut de penser, au moins profiter de l’embrun…

Au début du livre, TESSON se demande s’il a une vie intérieure. Demande partagée. Rejet identique des 15 modèles de ketchup Heinz.

Même si mon quotidien ne joue pas en faveur de mes mots.

Mais, je sais de quoi je peux me passer. Il s’agit là d’abandon. C’est facile. Notre environnement peut s’en détacher. Chacun fait comme il veut.

Et je sais de quoi je ne peux pas. Il s’agit là de quête. C’est difficile. Notre environnement est touché.

C’est en cela que la liberté est hors de prix.