RETOUR A LA TERRE

Ce que je retiens de ces deux dernières années ?

« Il faut cultiver son jardin » écrivait Voltaire qui était loin d’être un âne.

Pour le cultiver, il faut le définir.

Il faut constater ses bosses, ses trous et ses carrés d’herbe parfaits.

Quoi qu’il en soit. Il sera déjà bien assez grand pour toi.

Et toute graine qui viendra s’y jeter au grès du vent et y pousser devra être observée dans un premier temps.

Dans un second, tu pourras la faire grandir ou l’arracher.

PAPIER FILTRE

Le niveau de vie représente ce que nous gagnons.

La qualité de vie, ce que nous nous offrons.

Une mince pellicule imperméable sépare ces deux représentations de notre esprit et les rend étanches l’une à l’autre.
En faisant d’elles deux mondes bien distincts et indépendants. Sans aucun lien.

A contrario de toute croyance qui voudrait que le niveau de vie fasse la qualité de vie.

Ce filtre n’est rien d’autre que notre capacité naturelle à être heureux nu comme un vers. A accepter l’existence sous toute forme.
Seul un instant, comme isolé de toute influence, en fermant les yeux. En stoppant le tourbillon. Ou en le laissant tourner sans nous.

Cette capacité est variable d’un individu à l’autre et fait de chacun de nous un être plus ou moins enclin à la fraîcheur, au plaisir d’être. Elle s’acquiert à notre création et constitue la plus belle richesse que nos parents peuvent nous transmettre. Ou nos rencontres, nos bouées lorsque le legs naturel parental est déficient.

A chacun d’être honnête pour accepter le niveau du curseur qui nous a été transmis. L’accepter car il n’est pas toujours flatteur ou bien loin de nos croyances d’ado. Pour le décaler à l’aide du temps. Car la force n’y fera rien.

A chacun de chercher dans le passé, au fond de soi, ses bouées de l’insouciance. Ses madeleines de Proust.

Faute de quoi, le niveau de vie n’aura que le goût de l’amertume.

Celui de la poursuite d’un bien être qui reste à l’horizon.

 

Accusé, Levez-Vous..

La réputation est la moyenne des avis d’inconnus rapportée par une personne. Connue, elle.

Et c’est malheureusement à cet instant que tout peut basculer. Car le colportage d’individus de confiance en individus de confiance nourrit la réputation : il est crédible même si cette réputation est inexacte. Et elle devient une réalité. La vérité. Que les individus sans éthique se feront alors aussi un plaisir de répandre….puisque que, pour une fois, c’est la vérité.

La « bonne » parole est à la réputation ce que la masse est au forgeron : un outil de déformation, de transformation. Et plus tu parles, plus tu frappes, plus le fruit du travail est aiguisé. Gravé pour la réputation. Acéré pour notre objet artisanal.

La réputation nous précède. Elle est déjà là dans la pièce où nous arrivons et connecte les pensées de nos hôtes. Que la réputation soit excellente ou de caniveau.

C’est tout de même plus valorisant que l’indifférence.

Mais, lorsqu’il nous arrive d’être ce corps de l’hôte, ce juge de l’autre, le piège est de faire confiance à la réputation de….

Vous n’auriez alors plus aucune influence sur votre environnement.

Ce qui vous condamnerait à la réputation d’inutile.

 

BABORD TOUTE

Prendre le contre-pied, c’est aller dans une direction dont on ne sait rien mais dont on est certain.

 

Lu dans un article d’un quotidien sérieux que, « pour rêver un peu », le luxe serait de posséder « un téléphone ou des enceintes contenant de l’or », « une télé de 2.70 m », « un ordinateur en marbre ». En tout cas, si nous en avions les moyens, voilà « comment nous les dépenserions pour vivre comme les fortunés de la planète ».

….le Graal….

Voilà où nous en sommes.

A défaut, je me demande si peux me procurer du papier cul en soie. De la vraie soie. Celle des fortunés. Pas de la synthétique. Pas celle de la classe moyenne.