BABORD TOUTE

Prendre le contre-pied, c’est aller dans une direction dont on ne sait rien mais dont on est certain.

 

Lu dans un article d’un quotidien sérieux que, « pour rêver un peu », le luxe serait de posséder « un téléphone ou des enceintes contenant de l’or », « une télé de 2.70 m », « un ordinateur en marbre ». En tout cas, si nous en avions les moyens, voilà « comment nous les dépenserions pour vivre comme les fortunés de la planète ».

….le Graal….

Voilà où nous en sommes.

A défaut, je me demande si peux me procurer du papier cul en soie. De la vraie soie. Celle des fortunés. Pas de la synthétique. Pas celle de la classe moyenne.

NOS ENFANTS

Au milieu des mots, des blagues, des croyances, des certitudes d’un soir,
Aussi des regrets des lendemains d’avoir voulu encore donner la leçon,
Nous sommes parfois, toi et moi, de grands bavards,
Mais, l’unique importance du moment est l’initiative de votre dernier garçon,

Dévasté, il y a deux ans,
Le visage tourné un instant vers le ciel,
Le voilà debout et le regard droit devant,
Vous l’accompagnez et voilà bien l’essentiel,

L’issue, l’histoire feront les conversations de nos lendemains,
Mais, c’est aujourd’hui qu’il faut reconnaître, qu’il faut applaudir,
Profiter du pari et du courage de ses mains,
Car c’est du risque qu’il faut se nourrir….,

…………c’est dans la seule aventure de famille, dans les seuls liens du sang,
Au risque de choquer certains, que nous écrivons nos plus belles pages,
Celles de la fierté honnête et de la satisfaction d’être bien vivant,
Celles qui sont marquées au fer rouge et dans lesquelles, pour s’extraire, nous puisons la rage,

Observant le présent, le futur et le passé autour de nous,
Reconnaissant l’inexorable issue, celle que vous avez déjà affronté,
Une réussite ou une déception auront le point commun de l’apprentissage et de l’estime de vous,
Le goût du contre-pied à un moment qui vous a étranglé,

Soyez, à l’instant, assurés que tout ce qui est à venir sera, quoi qu’il en soit, un succès.

EN PASSANT…..V

Chaque jour qui passe, j’essaie d’être moins con. C’est dur quand même. Ce naturel qui revient…

Continuez à vous regarder le nombril. A défaut d’utiliser votre cerveau, vous occuperez vos yeux et votre langue.

J’ai été longtemps enfermé dans une tête et ses croyances. Le temps résiduel d’une éducation. J’ai cru longtemps que mon univers était le plus juste et ceux qui le ralliaient ne pouvaient qu’être protégés. Pourtant tétanisé par le regard et l’opinion, j’imaginais que tout être convergeait, comme aimanté, vers ma seule personne. Ce n’étaient que pathologies.

Ceux qui savent manipuler le monde du travail comme un jouet, en se faisant plaisir puis en sachant le ranger, possèdent une clé du bien-être. 

LA CICATRICE

« Seules les expériences et les cicatrices font d’un garçon un homme ».

Une cicatrice est une preuve visuelle des conséquences de l’impossible, une émotion condamnée. 

Une cicatrice est une fermeture éclair de plaie. Elle est figée sur le cœur. Elle fonctionne dans les deux sens. Elle peut s’ouvrir. Elle dénature le lobe parfait du cœur dont le galbe est détruit.

 Enfermée du coté cœur, la passion créatrice de cicatrice s’est trouvée une place au milieu des machines qui aspirent et qui poussent le sang. De loin, seule une lueur se distingue. Pousse, écarte le ventricule, voilà une bille d’un rouge vif volcanique qui te perce la pupille. Comme un organe vivant et visible d’une bête terrée qui ne demande qu’à surgir.

 Une bête bien vivante, alimentée par l’odeur, l’image, le son et le toucher du souvenir.

De l’autre coté de cette cicatrice, le monde des vivants et du paraître. Celui du bruit, des gens et du visible. Le monde normal. Un monde normé. Celui des conventions et des situations engagées, légitimes, irréversibles et cadrées. Le monde des chemins tracés ou à dessiner.

DES ECRITS VAINS !

Connaissez vous un autre domaine que l’écriture qui soit aussi « pur » et qui vous offre, sans condition matérielle, n’importe où pourvu qu’il y est du silence, de vous retrouver libre et face à l’immensité du mariage des mots. Il est des mots, anodins pris séparément, qui sont capables, mis en commun, de perforer comme le ferait une balle de fusil.

L’écriture est une page blanche sans rebords.  Ecrire, c’est penser, s’observer, se critiquer. Si vous voulez transmettre une idée en laquelle vous croyez dur comme fer,  vous êtes libres de le faire. Même si cette idée n’est que le fruit tout relatif de votre éducation et de vos expériences.

Faites attention simplement à autrui en acceptant l’idée qu’il est libre de la recevoir ou pas : l’écrivain dictateur n’est pas un bon « concept ». Hitler s’y est essayé : l’histoire s’est mal terminée pour lui. Reconnaissons aussi que son stylo a fait beaucoup de morts….Pour Charly Hebdo, c’est l’inverse qui s’est passé.

Difficile de faire plus simple que l’écriture.

Difficile de se sentir exister plus simplement qu’en écrivant.

Ecrire est une bulle vide de tout et riche de toi.

EN PASSANT….IV

« Ce qui est ordinairement le plus envié, c’est la gloire » écrit René Descartes : l’industrie du luxe et de la vanité est, restera florissante. Vous pouvez investir.   

Les êtres chers ont leurs défauts. En l’acceptant, nous corrigeons aussi les nôtres.

Dans le DON DE SOI, il faut aussi analyser les limites de l’autre. Et, parfois, son honnêteté, son opportunisme….Notre envie et son besoin ont des zones communes. Et, aussi, comme des îles dans un archipel, des zones qui ne se touchent pas…

PETITE GUEULE

Il y a les autres que l’on aime. Une minorité.

Il y a les autres que l’on fréquente par obligation et ceux que l’on ne connaît pas. La majorité.

Le regard de la majorité ne peut être un frein dans notre vie personnelle. Il serait un frein trop puissant. Il est vital de s’en affranchir. Dans le cas contraire, tu meurs sans avoir vécu.

Mais ton mépris à l’encontre de cette majorité ne peut être ton moteur de vie. Il n’est pas un terreau de fierté. Tu meurs « petit ».

L’égo doit être abaissé à son seuil minimal; à savoir celui de la considération personnelle et de la juste estimation ou prise de conscience de soi, de ses traits de caractères qui font l’unicité, les défauts, les qualités.

Et la jalousie de l’autre, de ce qu’il possède  ne peut être que bannie. Rejetée à chaque fois qu’elle te frappe.

Un travail d’équilibriste. Avec, à la clé, l’obligation de s’efforcer de réduire son temps de parole. Et donner une valeur à ce qui se dévalue un peu plus chaque jour : les mots. Puis prendre des initiatives. Des risques.

Tu ressentiras alors, au quotidien, la bienveillance du regard de cette minorité et la satisfaction discrète de ton regard posé sur toi-même.

VENEZ A MON ENTERREMENT….

…. Vous aurez l’impression de m’avoir connu,
Venez prendre l’air,
Vous ne serez pas déçus
Et devriez vous y plaire

Vous rencontrerez les gens,
Qui, comme vous, viennent rendre hommage au temps qui passe,
Puis disparaissent, en serrant les dents,
Car leur jour viendra où leur visage s’efface,

En attendant, la cérémonie a pris assez de temps,
La parenthèse a désorganisé nos priorités,
Nous avons parlé suffisamment,
Et perdu la journée,

Le mort ne peut nous occuper plus longtemps,
De toute façon, c’était un ami lointain,
En tout cas, nous n’avions pas assez de temps,
Pour multiplier les croisées de nos chemins,

C’était finalement un mec bien,
Mais à qui, finalement, je ne savais que dire,
En fait même, dont je ne connaissais rien,
Je croyais tellement avoir d’autres choses importantes à faire, à construire.

Venez à mon enterrement
Venez prendre l’air,
Et me rendre important,
Au moins le temps de prières éphémères.