AU TRAIN OU L’ON VA

Sept bipèdes m’entourent.
J’observe, oreilles traversées,
Sept bipèdes qui ne se regardent pas.
Ne se touchent pas.
Ne se parlent pas.

S’ignorent même.

C’est bien là que nous en sommes,
Sept bipèdes tête baissée,
Sur un écran éclairant,
Regards lâches, fuyants,
Et la pensée dans tout ça,
Et la chaleur en moi,

Dissipe là, oublie la même,

Admets l’évolution des temps,
La tête plie, le cou bave,
Le corps se soumet, pend,
Au poids de l’écran qui, de toi, fait un esclave….

…Alors, accroche toi à la lampe,
Ne regarde pas devant,
Fais semblant,
Baisse toi puis rampe.

UPPERCUT DU DROIT

Mode d’emploi : pour tenter de se tenir droit, au préalable, mettez vous à l’envers. Puis reconstruire.

Pour redresser un peu plus votre âme. Pour dégager le torse, tenir la posture,

Le plus dur est d’hériter de ce que nous n’avons pas reçu,

Et, dans une vie, les manques créent la différence,

Distinguent les Grands des Petits, les Bons des Méchants,

Font naître, dans le noir et dans le fond de la tripe, la bête hirsute, le Hyde primitif,

Que nous connaissons. En tout cas, qui ne nous sont pas inconnus.

Sauf si nous voulons être malhonnêtes.

Cette éducation par défaut fait la nature de l’âme,

La nature humaine n’a donc pas toujours raison.

Alors, nous devons corriger. Assagir la bête, reconnaître l’Hydeux, l’odieux,

Pour faire de nous un peu plus un Homme, un peu moins un enfant.

Un Homme, pas un adulte. Comprenons nous bien.

En pensant pour panser…..

Pour tenter de se tenir droit, au préalable, mettez vous à l’envers.
Puis reconstruire.

Mais pas trop souvent, sinon, vous allez tout détruire.

PANTINS A GLACE

J’observais récemment des échanges de directeurs. De « patrons ».

De « patrons » salariés, hein !

Pas les vrais.

Non, les pantins, les marionnettes d’étiquettes.

Bonnes à remplacer. Des salariés à jeter.

Ces clowns de dernier étage, avec vue sur les non gradés,

Se congratulaient pour une victoire peut-être, une victoire où tout reste à faire.

Des gamins qui jouent aux grands dans la cour de récré.

En cas de gain, ils vont pouvoir jouer aux grands qui jouent aux grands.

Et passer de la congratulation à la succion,

Dans le fond, se joue la définition « de la réussite »,

J’ai tendance à penser que cette réussite ne peut être que personnelle et intérieure.

Et non dans la reconnaissance que ces types cherchent en se congratulant.

Pour rien à l’heure qu’il est.

Ne nous y trompons pas, c’est bien eux même qu’ils flattent.

Les félicitations ne sont que des autosatisfactions.

Une caresse de l’esprit pour une extase de l’appartenance,

A un groupe en carton-pâte, à une bulle de savon,

Pour ceux qui ne sont pas capables d’exister seuls.

Dedans.

LES MIRACULES…

…au Paradis, en sous-sol, monteront leur affaire,
Au Paradis, le sous-sol est toujours dans les nuages,

Un endroit pour ceux qui ont échappé à l’enfer,
Décoration rouge sang quand même, pour se rappeler au bon voisinage,

Un grand nuage avec des coins partout, des douches de pluie,
Des sofas de soleil, une grande bibliothèque pour se cacher,

Pour mettre du piquant au Paradis,
Du stupre dans le café, le thé,

Les contrevenants s’abandonneront indifféremment, ici et là,
Avant d’effacer, gratter le nuage,

En regardant leur forme, leur image,
Je me demande si ce n’est pas déjà fait tout ça….