LA MARCHE A BIAIS

Le biais cognitif  trompe le cerveau. Il existe tant et tant de sortes de tromperies que, finalement, nous marchons de biais. Tenter de comprendre et corriger ces tromperies nous ferait pencher de l’autre bord. Mais toujours de biais.

Nous titubons alors.

A tel point qu’il est raisonnable de se tromper de penser que le monde avance aussi de biais. L’état de la planète, l’état de nos passions, de notre environnement proche, de notre chez soi sont le fruit de la marche à biais. Une addition d’erreurs heureuses ou malheureuses. Mais, à aucun moment et contrairement à l’erreur que nous faisons de penser, maîtrisées.

Nos rencontres seraient le croisement d’une ballade à biais qui se terminerait bien à priori.

Ou pas.

Je fais l’erreur de croire que la plus belle ballade à biais est la ballade de la vie à deux. Avec, comme point de départ,  un face à face chanceux où deux regards se croisent et osent imaginer, au même moment, au même endroit, que le hasard a bien fait les choses.

Alors que, finalement, ils n’ont fait que marcher de biais l’un et l’autre jusqu’à se tamponner pour se redresser. S’assembler pour ne faire qu’un.  Puis repartir de guingois.

A biais.

LA CROTTE D’AZUR

Do you do you do you ST TROPEZ
Do you do you do you ST TROPEZ

Je suis allé au café,
Et je me suis bien fait niqué,
Pas de surprise, je ne me suis pas trompé,
c’est que nous sommes bien à ST TROPEZ,

Do you do you do you ST TROPEZ
Do you do you do you ST TROPEZ

Bientôt fini le temps des yéyés,
Qui vivra verra rire ou pleurer…

Do you do you crotte de nez….. 

BESNIER ! TU DORS ?

Invisible de honte à n’en pas douter,
Il n’y a pas de fortune innocente,
Il y a des succès mérités,
Et des réussites édifiantes,

Il ne s’agit pas de nier les fruits de l’histoire,
Les récompenses du labeur,
Les paris de la peur,
Qui font de nous un jour un puissant notoire,

Nous pouvons dédaigner, vivre chacun sur son plancher,
Sans oublier de partager la récompense de la terre,
Respecter les doigts calleux. Leur fierté de père, de mère,
Celle la même que tes grands parents t’ont léguée.

HAGARD REGARD

J’ai vu le regard de cette dame,
Au bras de cet autre, différent, hésitant,
Son regard est si bas, son sourire si fuyant, comme fautive, en s’excusant,
D’être sur notre chemin, si visible et portant son bonnet d’âne,

Tant que je verrais le regard de cette dame,
la cause ne sera pas entendue,
La colère, le regret me gâcheront la vue,
L’ignorance restera le foin de nos âmes,

Alors, lève la tête, Madame,
Présente nous l’oscillant,
Son histoire, prends le temps
De la rencontre, d’un sourire franc de la belle femme,

Que nous avons vu traverser,
comme une ombre de feuille morte,
Qui virevolte,
s’envole pour, dans une dernière transparence, fuir et se cacher.