AU FEU ! …. LES FEMMES, LES ENFANTS ET LES HOMMES ORDINAIRES D’ABORD….

Il existe de belles volontés mais je ne vois pas de bonnes raisons pour que les personnes en situation de handicap prennent leur place dans le conscient collectif et dans un quotidien sans limites.

Pour la simple et bonne raison que l’Homme « ordinaire » peine un peu plus chaque jour qui passe à s’occuper de lui même de manière bienveillante.

Les réactions à ce malaise viral favorisent les réponses autocentrées ou anarchiques. C’est dommage car seules la solidarité, l’intégration, la convivialité désintéressée sauveraient chaque individu.
Et la collectivité.

LES TROUS DU FUT

Régulièrement, l’être humain me fait dégueuler,
Parfois, juste en l’observant,
Souvent, en regardant la télé,
Et, dés fois, simplement en restant assis sur un banc.

Se taire et faire contrepoids à l’absurdité,
Pour ne pas en rajouter, ne pas y participer,
Ramener l’être humain à une forme de raison,
Qui prône ce silence qui vous offre déjà d’être le moins con.

Quelques milliards d’individus,
Suspendus à quelques fous du fût,
Notre Histoire en lambeaux de chair,
En morceaux de corps effacés par les vers,

L’homme charognard, mutation d’une création innocente,
D’une nature incontinente,
Se dresse tout en haut de l’arbre décharné,
Où se trouvent les bourgeons glacés, les branches desséchées,

A genoux face au trou du fût,
Cette mère se mêle au sang de cet enfant qui fut,
Implore du temps un retour en arrière,
Questionne la justice de ses pairs,

Tu peux dégueuler,
Si vide, si creux que ta mémoire se cache dans tes profondeurs,
Pour disparaître, t’autoriser de nouveau à tuer,
Ou, indigne, à regarder tes pieds pour fuir tes horreurs.

Je vais retourner sur mon banc,
Observer celui avec lequel je partage tous mes gênes.
Avec mes mains maculées de sang,
Des crimes incessants de nos haines.

LA CICATRICE

« Seules les expériences et les cicatrices font d’un garçon un homme ».

Une cicatrice est la preuve visuelle des conséquences de l’impossible. C’est une émotion condamnée.

Une cicatrice est une fermeture éclair de plaie. Elle fonctionne dans les deux sens. Elle est fixée sur le cœur et peut toujours s’ouvrir. Mais elle dénature ce lobe parfait dont le galbe est détruit.

Enfermée du coté cœur, la passion créatrice de cicatrice s’est trouvée une place au milieu des machines qui aspirent et qui poussent le sang. De loin, seule une lueur se distingue. Pousse, écarte le ventricule, voilà une bille d’un rouge vif volcanique qui te perce la pupille. Comme un organe vivant et visible d’une bête terrée qui ne demande qu’à surgir.

 Une bête bien vivante, alimentée par l’odeur, l’image, le son et le toucher du souvenir.

De l’autre coté de la cicatrice, le monde des vivants et du paraître. Celui du bruit, des gens et du visible. Le monde normal. Un monde normé. Celui des conventions et des situations engagées, légitimes, irréversibles et cadrées. Le monde des chemins tracés ou à dessiner.

 

JOKER MENTEUR

C’est l’histoire d’un Français et d’un Anglais qui discutent.

Le Français se présente : « nous, en France, nous avons un nouveau parti politique. Il n’y a plus de gauche et de droite. Nous sommes le parti En Marche. Nous ne sommes pas comme les autres ».

Et l’ Anglais de répondre : « Nous aussi en Angleterre, nous avons un nouveau parti. Il n’y a plus de conservateurs ou travaillistes. Nous sommes le Renew Party. Et nous non-plus nous ne sommes pas comme les autres ! »

Aha A-ha A-ha ! Oh Oho Oho ! Aha A-ha A-ha ! Aha A-ha A-ha ! Oh Oho Oho ! Hi hi hi ! Aha A-ha A-ha ! Oh Oho Oho ! Aha A-ha A-ha ! Aha A-ha A-ha ! Oh Oho Oho ! Hi hi hi ! Aha A-ha A-ha ! Oh Oho Oho ! Aha A-ha A-ha ! Aha A-ha A-ha ! Oh Oho Oho ! Hi hi hi ! Oh Oho Oho !

(Rires)

MATIN GLACIAL

Un matin froid comme on en vit le printemps. Une fraîcheur vive qui annonce la belle journée bleue. Sans nuage et qui attend que le soleil pose sa brûlure à chaque endroit pour l’illuminer et évaporer ce qu’il reste de rosée.

L’humeur est heureuse. La journée n’est pas préparée et elle résonne déjà d’improvisations réussies.

Ma femme est au téléphone. J’occupe mon cerveau par l’observation attentive et figée d’un environnement immobile.

Le silence règne. La nature est reine.

(Calme )

…. On sonne au portail. Ce n’est pas prévu. La quiétude est ruinée. « Qui est ce encore ? Mon esprit réagissait alors vivement : « jamais tranquille ! Faut il vivre caché ? Foutez moi la paix !! « …Je ne bouge pas. Le silence est de nouveau déchiré par un coup de sonnette.

Le portail est resté ouvert. 4 hommes en costume noir se distinguent de loin. Certains portent des mallettes à la main.

Ils s’avancent finalement sur le goudron du jardin. Je n’ aime pas leur visage et ils sont chez moi maintenant. Sans mon autorisation.

Ma femme continue de téléphoner. Et reste étrangère à cette intrusion.

Les visages se précisent. Les hommes se séparent. Ils marchent raides. Droits. De plus en plus vite mais,semble t’il, ils semblent incapable de courir. Coincés. Comme des machines. La situation est devenue anormale. Je n’ai jamais rien vu de pareil. Je suis en alerte maximale. Pétrifié dans mon hall.

Trois d’entres eux ont disparu de ma vue : ils se dirigent certainement vers la porte d’entrée.
Le 4ème approche dans ma direction. Il ne peut pas me voir mais je comprends qu’il me « respire », qu’il me sent à travers les murs. Il est petit, les cheveux sont longs et le visage buriné. Il marche vite, j’observe son pied gauche qui se pose au sol sans effort et qui soudain le propulse, sans bruit, avec une vitesse surnaturelle, tête en avant dans un carreau de fenêtre au dessus de ma tête. Il le brise. L’homme, jaillit en boule dans l’espace au milieu du verre qui éclate sans aucune résistance et dans un bruit assourdissant.

A côté de moi, un pot de rangement dans lequel je plonge ma main : je sais qu’il y a une paire de ciseaux. Je ressors cette arme et, sans hésiter et avec précision, mon bras se lance à l’assaut de homme auquel je ne laisse aucune chance. Le ciseau perfore la gorge que je traverse sans aucune difficulté. Mon corps est en convulsion et redonne un second coup de ciseaux dans cette gorge déchiquetée.

L’homme en noir tombe.

Je regarde maintenant la porte du couloir. Je pense à ma femme. Une proie pour les 3 autres. Ou sont ils ? J’ai les mains pleines de sang.
J’attrape mon fusil de chasse dans le corridor…
Je suis un tueur. Je le savais et maintenant, mon corps me le confirme.

Il est prêt. Je contrôle tous mes muscles. Je sais précisément ce que je peux faire avec. Ma mâchoire est figée. Je ressens tout. Je vois tout.
Il n’y aura pas de préavis, la prochaine cartouche tuera les 3 prochains à travers la porte….d’un seul coup.

On sonne…

Le soleil est partout.