LIBERTE EGALITE FRATERNIQUER

J’entendais, lors d’une manifestation politique de rue, une homme honnête marteler  » Le pouvoir au peuple !  le pouvoir au peuple ! Egalité ! Assez de voir des gens crever de faim… »

Comment lui donner tort ? Nous entrevoyons en une fraction de seconde une porte vers l’humanité, le don de soi pour tous, le communisme heureux, abouti. On se sent bien. La pression sociale retombe : nous sommes égaux et plus personne n’est en quête, à n’importe quel prix, d’ascension sociale….

…Mais, si tu donnes le pouvoir au peuple, après l’euphorie du WE et les concerts de Klaxons, les aristocrates pendus au balcon, ça va être le gros bordel dés Lundi matin….. Un très gros bordel même…….

Car l’EGALITE n’existe pas…Et non…

..Les représentants du « Peuple au pouvoir » vont vite se rendre compte que la soupe est chaude…

Que cela n’empêche personne de manifester…..c’est mieux « dehors que dedans ».

D’ailleurs, le leader du « Pouvoir au peuple », intimement, ne lutte pas pour obtenir le pouvoir suprême. Il lutte pour obtenir un contre-pouvoir décent. Un contre pouvoir d’idées et de lois associées.  Le leader du « Pouvoir au peuple » est probablement le meilleur syndicaliste mais le leader du « Pouvoir au peuple » sera malheureux dans la tunique du Président.

Il le sait. Il se couperait de lui même. Il compromettrait l’homme qu’il est.

Sa philosophie humaniste ne tiendra pas à la tête d’un Etat ; il n’est pas possible de gouverner avec une pyramide plate.

EN PASSANT…XI

Lorsque chacun évoque la notion « du temps qui passe », une forme de nostalgie s’installe dans l’échange. Elle est amplifiée après le fromage et quelques verres de blanc. Certains refusent de souffler les bougies,  ces anneaux de croissance des gâteaux à la crème. Pourtant, « gloire » à ce temps qui passe et qui garde, dans ses filtres, l’essentiel ; les cristaux de notre propre existence.

Je sais maintenant que très peu d’histoires de l’univers professionnel traversent le filtre du temps ; c’est bien sur la base de ce constat que certain(e)s s’engouffrent immédiatement dans le désintérêt de l’avis et de la vie de l’autre. Ils ont tort car subsiste un substrat d’une grande richesse, une fiole contenant le suc du dépassement de l’indifférence.

Avez vous remarqué que le mot « CONNECTE » commence aussi par CON ? ..Les connections informatiques inondent la planète et dégueulent jusque dans nos godasses. Je suggère, en marge de cette intelligence artificielle qui nous sauve tant, qu’un exemplaire de connexion neuronale soit conservé dans un bocal, connecté évidemment. Dés fois que…Vivement le slip connecté que je connaisse en tant réel la température  de mes roubignolles. Et du reste aussi.

LE CHOIX DES TAS

Les élections modernes consacrent finalement la victoire des poissons rouges. Le poisson rouge garderait la mémoire d’un événement jusqu’à trois mois. Au maximum.

J’imagine les élections d’antan où les fautes étaient conservées en sous-sol.

J’imagine le faste des cérémonies qui vont honorer celui ou celle qui déshonore la fonction emblématique, l’être suprême que représente la Présidence de la République. Faut il avoir un si grand mépris de la considération des autres ou une rage si forte pour devenir le tout puissant.

Il (elle) la déshonore car, à aucun moment, le poisson rouge ne peut contempler l’être supérieur qu’il espère pour diriger et montrer la voie. Montrer l’exemple et lui faire reconnaître ses propres erreurs. Lui faire dire que, « oui, cet homme ou cette femme est bien le digne représentant de l’espèce humaine dans ce pays »…. »oui, il est bien plus grand que moi »…en conséquence de quoi, je lui donne ma voiX.

Le poisson rouge voit un homme qui réussit sa vie au prétexte de l’intérêt général.

Le jour du sacre, j’entends le brouhaha des arrières pensées, des comploteurs de la famille politique à laquelle je préfère opposer ma condition d’orphelin. Une arrière pensée de 60 millions d’hommes et femmes qui vont s’engouffrer, pour ceux qui n’y étaient pas déjà, dans la brèche de la faute pardonnée, de l’arrangement avec soi-même. Laissant le pays dans le désordre intellectuel dans lequel il est depuis notre big-bang imaginaire.

Monsieur (Madame) Le (la) Président (e), vous êtes un(e) personne d’exception mais vous n’êtes pas le repère attendu. Le référentiel du monde meilleur. C’est aussi probablement trop vous demander. Vous subissez votre éducation, la haine des ratés, le modèle de la réussite et vos envies de l’unique vie qui vous est prêtée.

Gouverner, c’est être plus fort que les autres. Ce n’est pas être plus sage.

Un poisson rouge foncé.

PERCEMENT A COEUR

L’écriture partagée, la correspondance, permet de révéler nos interlocuteurs, interlocutrices ; nos rencontres. De rentrer dans les croyances, les questionnements, les espoirs ou les envies de l’autre.

L’écriture est probablement la façon la plus discrète d’apprendre à connaître. Elle se fait au rythme de l’inspiration, au rythme naturel, maîtrisé du dévoilement choisi. Elle permet de s’évader vers un(e) autre, de manière ponctuelle et sans être invasive.

C’est un apprentissage « aveugle », au « toucher verbal ».

Un contre-pied au monde connecté qui va si vite puisque nous sommes, à priori, pressés.

Un échange en profondeur qui permet, à contrario de l’échange de surface, frontal et qui confronte les égos, d’aller chercher le sens des mots.

Ce qui limite les incompréhensions d’ailleurs et les phrases qui sortent trop vite quand on a tourné la langue dans sa bouche 2 fois au lieu de 7….

Les écritures sont des outils de percement de bouclier.

Le stylo ou la plume, leurs mèches à corps humain.

MEUHHHHHHHHHHHHHHHHHH !

Hommage aux cons ;

Partir au combat contre la bêtise est un facteur de risque cardio-vasculaire…je préfère boire un coup et manger  du saucisson.

La chaîne humaine de la connerie peut faire le tour du monde. Si. Et pas uniquement au niveau de l’Equateur. On doit pouvoir aussi rejoindre les deux pôles.

« L’imbécile est heureux » dit-on. Il me semble que, à partir d’un certain niveau d’abrutissement, on ne doit plus ressentir grand chose. Je vois là un formidable champ d’expérimentations : où est la limite ? Ce seuil qui prive l’idiot du plaisir de l’être ?

Le symbole de l’idée lumineuse, du génie, en somme, de l’intelligence vive est connu de chacun et représente cette ampoule jaune qui s’illumine au dessus de la tête de l’individu.
Pour ceux qui nous fascinent, elle reste allumée en permanence.
Pour la majorité d’entre nous, elle l’est de manière alternative .
Avec certains, vous resterez dans le noir.

C’EST JUSTE SON PRÉNOM…SON PRÉNOM, C’EST JUSTE…

Je ne suis pas un justicier ; juste un excité.
La justice des hommes, par définition de la nature humaine, n’existe pas.
La justice étatique est un fantôme avec une robe noire et rouge dans un vieux manoir ; de la politique silencieuse.

Il reste alors de la justice ce rêve éveillé de voir Superman, Batman, Captain America et, mon préféré, Hulk ,sauver la planète, rétablir les droits et tordre les méchants.

Nous pouvons en déduire que Hulk, qui se transforme en monstre vert sans changer de caleçon, a un petit zizi. Ce n’est pas suffisant.
Nous pouvons en déduire aussi que le sentiment de Justice immédiate est devenu un fantasme qui fait le succès des créateurs de rêves, des artistes de l’image.

Lisons ensemble un texte d’avocat, un texte d’assureur et vous comprendrez que la justice est une parodie des mots, le paradis des esprits tordus, un vaste désert pour l’oubli, un art de contourner la vérité pour les plus habiles et les mieux payés.

Certains se plaignent de ne pas être des justiciables comme les autres : qu’ils se rassurent ; ils ne sont pas défendus non plus comme les autres.