Mise en avant

Les ENTIERS et les moitiés

Le reflet des ENTIERS dans la glace est précis et le regard du reflet juge l’ENTIER. Les moitiés ne sont déjà personne. Elles n’ont pas de reflet.

Les ENTIERS aiment. Les moitiés s’aiment; essaiment. Les ENTIERS ont le goût des autres. Les moitiés aussi; dans la bouche…

Un ENTIER ne se divisera jamais en deux moitiés. Un constat malheureux, veut que les moitiés, voire les quarts trustent les places de la gouvernance. Les quelques trublions ENTIER sont souvent pénalisés par l’absence de diplomatie. Diplomatie, ce mot d’élégance qui évite les gros mots de la vérité. Les moitiés ont cette qualité du retournement de veste, de l’humeur toujours égale et ce réflexe commun d’appuyer sur la tête quand l’eau monte.

N’additionnez ni ne multipliez les moitiés, vous n’obtiendrez pas d’ENTIER. Vous augmenterez simplement l’incapacité de faire du groupement.

Alors l’ENTIER s’use et se prend à envier ces moitiés sans reflet qui « couleuvrent » entre les obstacles, transportées sur le long fleuve  tranquille et débarrassées de l’opinion de leur public. Heureux manipulateurs de la chaleureuse indifférence et pour lesquels la seule motivation croupie dans l’ambition inavouée ou le confort personnel.

Puis l’ENTIER s’énerve car le monde est injuste de toute façon. Il s’enferme, à tort, dans sa croyance de la justice  qui n’est jamais que le reflet de son éducation et de ses valeurs toutes relatives.

Et l’ENTIER énerve, use.

Mais seul l’ENTIER crée le souvenir. Les moitiés, elles, sont déjà mortes.

LE DON DU SANS

Sans les autres.

L’indulgence n’est pas un sentiment moderne. La condamnation immédiate. L’énergie se déchaine pour rechercher le coupable puis le condamner et pour libérer les autres de toute responsabilité. Sans avoir cherché collectivement à comprendre les origines de l’erreur. Sans avoir imaginé un instant former un groupe de réflexion, de recherche pour sauver une situation, récupérer la faute, redresser, corriger.

Notre société dite évoluée est une loterie de la responsabilisation. Une communauté de lâches qui, tour à tour, vont s’accuser pour s’affranchir et vivrent en fermant les yeux. Le coupable est trouvé et ce n’est pas moi : Cela suffit à l’homme moderne primitif.

La question n’est plus de savoir comment corriger une erreur. Mais de savoir qui a commis cette erreur : alors, l’accusation portée, le groupe d’irresponsables se disperse, soulagé et sans solution. L’accusé se débrouille.

Sans les autres.

En espérant un jour, parce que la vengeance est une idée qui soulage, que ces irresponsables du jour, seront frappés bientôt par la faute, l’égarement, une approximation, une erreur. Puis seront aussi montrés du doigt.

Le droit à l’erreur, le dialogue ou la solidarité sont les solutions mais elles demandent du temps, cette capacité à reconnaitre que la faute est inscrite dans chacun d’entre nous. L’homme caréné, parfait, sans faille n’existe pas. Cet homme là se promène dans votre téléviseur ou pose sur un panneau publicitaire. C’est juste une image.

Mais, c’est sans les autres, pour « ma gueule », pour ressembler à l’homme de la télévision que nous avançons.

La solidarité d’une nuit, d’une journée doivent suffire à la déculpabilisation de chacun. Continuons alors à nous agiter pour se déresponsabiliser et espérer la vengeance quand la boule de la faute nous tombe sur la tête.

Sans les autres, vous êtes forts dans votre apparence. Le corps crâne.

Mais vous êtes faibles, petits dans votre intérieur. Et vous le savez car l’erreur est permanente, vous guette ; elle est une valeur, un jugement relatif. Vous êtes soumis quotidiennement à l’erreur.

Les collaborateurs en temps de guerre sont nos précurseurs de la déresponsabilisation moderne.

Imaginons un instant une société faite seulement de résistants.

Vous ressentez immédiatement que vous n’êtes plus seuls, plus fragiles et plus obligés de fuir la responsabilisation de groupe. Vous savez que ce jour de solidarité à votre égard viendra.

Sans aucun doute.

LA MAIN

Alexandre JOLLIEN écrit que chacun doit « prendre conscience que l’autre restera toujours un individu irréductible, qui ne peut être totalement soumis, analysé, compris ».

Il a totalement raison. Ajoutons qu’il est impossible de changer le cours des autres. Il n’y a que les expériences individuelles qui orientent, détournent et tracent les chemins individuels. Et la capacité de l’individu à analyser ces expériences.

Inutile donc de vouloir s’occuper des autres; il suffit, pour ceux qui l’expriment, de les écouter. Attentivement.

Puis débattre.

EN PASSANT…

La liberté est une idée qui s’achète. Ou qui se paye. Je ne parle pas d’argent.

La morale est une notion très variable liée à l’éducation de chacun. C’est dire combien la morale est une valeur floue.

Le contraire d’être gentil, c’est être lucide. Ce n’est pas être méchant.

Le regret est une faiblesse de l’âme; une facilité que s’offre l’Homme et qui l’aide à balayer ses propres approximations : il ne faut pas regretter, il faut apprendre et corriger. 

Je crains que, un jour, les sociétés internationales arrivent à privatiser l’air que l’on respire. Pourvu que leurs bonus soient bons.

 

 

TOUT LE MONDE EST IMPARFAIT

Alors, vivons par défaut.

Offrons nous de quoi se donner le droit à l’erreur. L’existence sera moins cubique. Au bout de chaque histoire, de chaque confrontation,de chaque expérience une porte qui s’ouvre. Elle peut s’ouvrir sur le ridicule, une gloire éphémère ou sur une certitude. L’important est qu’elle s’ouvre complètement.

Seule la morale doit être un frein à la confrontation, à l’expérience. Si morale est enfreinte, alors la porte ne peut s’ouvrir. Et la justice des hommes et des yeux prendront le relais.

Vous reconnaîtrez que, pour certains d’entre nous, cette porte est constamment ouverte. C’est une porte de saloon. Le regard de l’autre ou la justice n’ont pas de valeur d’inflexion. Les nombrilistes, les carriéristes, les dictateurs, les religieux, nos dirigeants, les chefs, les infra-ordinaires nous présentent chaque jour toute l’étendue de la palette de la morale. Pourvue qu’elle leur soit profitable le temps de leur existence et qu’après eux, le déluge.

Devenir sage passe peut être par le labyrinthe dans lequel, au grès des expériences, certaine portes vont s’ouvrir. D’autre pas. Il faudra lors comprendre, présenter des excuses et faire demi-tour.

Etre sage, c’est alors savoir, à tout instant, quel chemin arpenter pour trouver la meilleure issue; celle qui offrira une solution puis permettra d’ouvrir une porte. Pour s’en aller. Et libérer son esprit.

Je n’ai pas dit la bonne issue.