EN PASSANT….X

Sur Ma planète, ça tourne pas trop mal.

Sur La planète, il y a encore des choses bizarres : le tee-shirt était supportable ce jour de plein hiver en France ; le Président Américain est un hystérique encadré par des porte-manteaux de fourrure ; le candidat de droite aux élections présidentielles, catholique exigeant, est un trafiquant de privilèges ; un ancien spéculateur se présente à ces mêmes élections sous la bannière socialiste ; des très riches continuent d’écrire « Environnement » avec le majeur ; des prêtres continuent de tripoter les gamins et un black a glissé malencontreusement sur une matraque.

Vu comme ça,  Ma planète à moi tourne à peu près rond.

LOU

LOU y es tu ? M’entends tu ? Promenons nous tant que tu es là……

A ceux qui s’interrogent si donner la vie a un sens,
Se confronter à l’épreuve de la naissance,
Résonne alors le son de ta voix;
Plane l’ombre de toi,

L’oeuvre du temps,
Un travail d’artistes, le plus beau, le plus doux,
Un poème, comme un air du temps, une histoire du sang,
Au sommet de la création, LOU,

Ne t’éloigne pas trop, le monde n’est pas si grand,
La conquête de l’ailleurs, les horizons ravageurs,
Font de toi un trésor de vapeur,
Suspendu à la force des ailes et au souffle du vent,

Ces mots pour forger,
Avouer, Corriger ce qui peut l’être,
S’agenouiller face à la puissance et au pouvoir de naître,

LOU, ce qui est fait est Fée.

EN PASSANT…IX

Plus notre peau se plisse  et plus notre humeur, notre raison se lissent.

Le plus beau et le plus valorisant cadeau que les parents peuvent donner à leur gamin est le fait d’être avec lui. Etre ensemble remplace avantageusement le ou les jouets qu’ils ne pourraient lui offrir. Le problème est que les enfants ne le savent pas…
Il y a aussi le cas des parents qui offrent des cadeaux en compensation de leur égoïsme. De leur « réussite » sociale apparente. Pour les occuper et justifier d’une quelconque preuve d’attention. Le problème est que les enfants ne le voient pas non plus…

Le sage est un homme convaincu de travailler et penser pour l’intérêt général public. Il faut lui donner les moyens matériels de le faire. Et, malheureusement, tant que la sélection des décideurs se fera par le biais du suffrage universel, la société tombera dans les travers de l’homme politique.  La société, dans ces conditions, ne sera jamais sagesse.  Elle ne sera que compromis et calculs.

Imaginez une seconde appuyer sur un pôle de la Terre. Appuyez fortement. Le plus fort possible pour essayer de l’arrêter de tourner. Je l’ai fait :  la Terre, bloquée, a commencé à résister puis se tordre…J’ai vite cessé de peur qu’elle ne se vrille complètement et ne s’écrase comme le ferait une canette de soda vide sous mes pieds. 

A DEMI-MAUX

L’intelligence : outil capable de fabriquer des véhicules dits écologiques ne pouvant être conduits que par des individus dont le bilan carbone personnel est tel que ces voitures, puisqu’elles existent, devraient leur être offertes. Véhicules dont le gabarit n’a d’égal que l’égo des acquéreurs et la passion du dollar de son créateur. Cerise sur le capot, le modeste contribuable paye l’énergie de Monsieur.

Courage : capacité à concevoir la mort sur plan et dessiner les armes aux frappes chirurgicales, l’excellence de la boucherie, l’aloyau du fusil-mitrailleur. En martelant que « si c’est pas moi, ce sont les autres » et en n’oubliant pas, ce soir, en quittant le bureau, de passer au marché pour prendre du pain, du beurre et les nouilles. Faire carrière en envoyant les moins chanceux crever au nom des idées de ceux qui paradent ; au nom des peureux de salons, des gradés du petit four, des ratés de la diplomatie, des courageux de la bataille en pantoufles.

La quéquette représenterait parfaitement l’emblème du drapeau de cette intelligence qui flatte et de ce courage qui achève. Avec la taille de celle qui pense pouvoir pisser le plus loin. Mais, à bien y regarder de plus près, elle est si petite.

J’envisage d’autres définitions valorisantes du courage et de l’intelligence.

Elles se manifestent ça et là ; parfois. Remontent alors à la surface de manière éphémère la force de l’éducation, l’infini puissance de la négociation. L’écoute des envies de l’autre. Lutter contre sa propre jalousie , permettre à cet autre d’accéder à plus de confort en participant à ses réflexions, l’aider à résoudre ses dilemmes et solutionner, même partiellement, ses désaccords sont les plus belles expressions de l’intelligence et du courage mélangés. L’autre fera aussi les efforts nécessaires en échange.

Messieurs les Ministres, arrêtons d’être fier d’industrialiser les outils mortifères : ce seul sentiment de fierté ne fait qu’alimenter la compétition. Condamnons, regrettons simplement le fait d’être obligé de les produire avant que les jours ne soient meilleurs.

Que l’homme ne devienne définitivement intelligent et courageux.

Je crains de ne plus être là pour le contempler.

EN PASSANT….VIII

.. Lu sur un site d’offre d’emplois  » Je suis à la recherche d’une personne sérieuse pour récupérer mes enfants à la sortie de l’Ecole. Rémunération 7-10 €/h (A négocier…) »….Quand on sait que nos enfants représentent ce que nous avons de plus cher….Le sérieux ne paye plus, ma petite dame ! 

Je me suis garé récemment à coté d’un camion qui était tellement rouillé que, en ouvrant les portières, j’ai veillé à ne pas les heurter. De peur que ma bagnole chope le tétanos.

L’argent n’est pas important. Quand on en a assez.

ECHECS et STRATES

Il n’y a pas d’autre échec que l’échec d’une relation entre humains,
Au crépuscule d’une vie, pas d’autre échec véritable,
Un coup de sang, un coup de cœur, le joug de l’éducation séparent les mains,
Et rien ne répare l’inévitable.

…..

Et si un être humain était congelé lors de son départ ? Ressorti 100 000 ans après pour être exploré, comme nous savons sonder les glaces de l’Arctique. Pensez vous que nous puissions distinguer les strates de ses différents échecs et succès au cours du temps ?

BEURRE NAOUTE

Une amie m’écrivait que le monde du travail ne peut seul être responsable de nos « pétages de plomb ».

Là, il y a du lourd. Sujet national.

Elle a raison.  Nous parlions récemment du « MONDE DES GIGABITS » et de l’urgence comme seul échappatoire à une communication défaillante. Comme une fuite en avant. Qui nous donne l’apparence de l’important mais, en réalité, nous renvoie à la transparence.

Pour ce qui est du « pétage de plomb », un seul mot va venir aussi anéantir le débat, résumer toute situation… :  le burnout. 

Deux mots en guise d’analyse sociale.

Prononcer « Beuuurre naouteu ». Très élégant, le chic anglais ; peut se prononcer en soirée avec une verre de champagne à la main droite et un petit four saumon dans la gauche.

Pendant que, quelque part, le sujet dont nous parlons, entre autres choses, est en train de finir de brûler ou de se consumer sur place….Le « Beuuurre naouteu », c’est « le cancer du bras droit » de Coluche ; la maladie un peu classe dont on doit parler en société ;  grave mais « qu’on meurt pas avec ». Nous le voyons bien l’individu. Noir de la tête aux pieds, les cheveux en guise de mèche, valises à la main et sous les yeux.

Et cet individu n’est jamais qu’un rempart de moins avant que le feu ne se propage jusqu’à nous. Jusqu’au jour où il te lèche les pieds.

Mon amie a raison car chaque individu arrive dans le monde du travail avec ses qualités, ses déficiences, ses forces et ses très gros défauts. Avec ses fractures, ses lacunes ou une éducation involontaire mais bien pourrie.

Elle a raison : l’entreprise n’est pas LE coupable. L’entreprise peut être UNE étincelle. Et l’homme, son salarié dans le rôle de carburant : un bûcher, un jerrycan d’essence, une bonbonne de gaz. En présence d’air ambiant (c’est bien notre cas), le comburant, lorsque l’étincelle jaillit : BOOM. L’individu disparaît. Corps et âme. Il brûle.

Il burn out de la société.

Seul le temps, le silence et la protection des autres bienveillants permettront au grand brûlé d’analyser TOUTES les causes. Mais cela ne peut être qu’un travail personnel et d’honnêteté car il faut chercher la plus grosse faille du bûcher, du jerrycan, de la bonbonne : il faut se critiquer.

Ce n’est pas simple quand tu es en cendres de s’avouer que tu partages le problème. Le passage est obligé car le plus important n’est pas le regard des autres, c’est de se comprendre.

Mais, si tu fais ce bout de chemin, n’oublions pas le « plaisir » de dénoncer l’autre coté du chemin. L’étincelle. Elle a parfois un visage collectif comme les effets de groupe, les moqueries de groupes. Un visage individuel comme le harcèlement moral, physique voire sexuel pour les derniers attardés de ce nouveau siècle.

Et, à cet instant, l’auteur parle de lui car son amie a touché un point sensible : j’écrase la mine de mon crayon sur la feuille. J’ai échappé au « Beuuurre naouteu ». Je l’ai vu venir. Je suis parti avec discrétion avant de faire des erreurs grossières. Avant la vulgarité des situations. Mais sans aucune préparation préalable. La décision s’est prise en 5 secondes, aussi rapidement que celle du rugbyman qui se casse les deux jambes après 15 ans de pratique et sans avoir fait autre chose. Ni même pensé à autre chose.

Depuis, je travaille sur mon jerrycan. Je cherche. Je trouve. Je corrige. Ce faisant, nous constatons d’autres erreurs, d’autres échecs ou ratages : il y a bien quelques problèmes dans ce jerrycan…

Mais je n’ai pas oublié « mon » étincelle. Elle me hante encore car le temps permet de refaire le puzzle et de valider la version. La haine de la petite fiotte qui me servait de supérieur hiérarchique est tenace. La colère en face de la lâcheté permanente est intacte.

Car cette totale absence de prise de responsabilité a des conséquences sur ceux qu’il est censé encadrer et sur la crédibilité d’un employeur chez ses clients. Pire, elle avait pour vocation de ne pas abîmer le personnage en vue de conquêtes personnelles futures.

Mon amie a raison : je crois qu’il faut du temps pour que nos blessures se cicatrisent et que l’on puisse passer à autre chose, quand il s’agit de conflit et d’injustice ressentie.

Nous pouvons nous corriger et aborder une autre tranche de vie avec plus de maîtrise. Mais l’oubli n’est pas dans mon vocabulaire.

Fasse que l’individu concerné ne croise pas le chemin d’un brûlé au 1er degré.

EN PASSANT …VII

La vie est une condamnation à perpétuité : nous sommes enfermés dans notre corps. Nous n’en sortons jamais et il décide de tout. Nous l’oublions en permanence alors que cela devrait être un pré requis. Et, un jour, il nous condamne à mort.

 J’entends dire « La vie est une autoroute ». Bien. Je décide donc de laisser la voie de droite aux poids lourds ; je me cale sur la voie du milieu car je m’inquiète de la santé mentale des automobilistes de la voie de gauche.