FAUX COL

La matière la plus noble reste la matière humaine. Ni l’or, ni le diamant ne rivalisent.

Elle est complexe la chair humaine.

Mais, il n’est pas cher l’humain.

Il est mal apprécié.

A la quantité de ses « défauts », il se déprécie.

Lorsqu’il travaille, l’homme au col bleu a peur de l’homme au col blanc. Il se voit remplacé par des robots. Moins pénibles. Avec moins de défauts, de plaintes et de maux.

Lorsqu’il est mal foutu, l’homme à la génétique compliquée fait ce qu’il peut, s’excuse auprès de l’homme au col blanc.  Avec son plus grand sourire pour rendre allégeance à cet homme plus fort que lui. A celui qui lui offre des miettes de pain.

La tolérance ne pèse rien en face de l’urgence de produire.

A la place des cols « blanc mat », je m’inquiéterais.

Je me méfierais des cols « blanc brillant ».

PAPIER FILTRE

Le niveau de vie représente ce que nous gagnons.

La qualité de vie, ce que nous nous offrons.

Une mince pellicule imperméable sépare ces deux représentations de notre esprit et les rend étanches l’une à l’autre.
En faisant d’elles deux mondes bien distincts et indépendants. Sans aucun lien.

A contrario de toute croyance qui voudrait que le niveau de vie fasse la qualité de vie.

Ce filtre n’est rien d’autre que notre capacité naturelle à être heureux nu comme un vers. A accepter l’existence sous toute forme.
Seul un instant, comme isolé de toute influence, en fermant les yeux. En stoppant le tourbillon. Ou en le laissant tourner sans nous.

Cette capacité est variable d’un individu à l’autre et fait de chacun de nous un être plus ou moins enclin à la fraîcheur, au plaisir d’être. Elle s’acquiert à notre création et constitue la plus belle richesse que nos parents peuvent nous transmettre. Ou nos rencontres, nos bouées lorsque le legs naturel parental est déficient.

A chacun d’être honnête pour accepter le niveau du curseur qui nous a été transmis. L’accepter car il n’est pas toujours flatteur ou bien loin de nos croyances d’ado. Pour le décaler à l’aide du temps. Car la force n’y fera rien.

A chacun de chercher dans le passé, au fond de soi, ses bouées de l’insouciance. Ses madeleines de Proust.

Faute de quoi, le niveau de vie n’aura que le goût de l’amertume.

Celui de la poursuite d’un bien être qui reste à l’horizon.

 

EN PASSANT…XVIII

Je fais le choix de travailler aux cotés des personnes identifiées handicapées. C’est bien ce que je craignais. La définition des personnes dites ordinaires est à revoir : les handicap ne sont pas tous visibles.

A priori, la croyance populaire voudrait qu’il n’y ait rien à attendre du monde du travail. Le constat n’est pas tout à fait faux mais chacun peut essayer de choisir  un métier pour obtenir ce qu’il veut. Si ce n’est que de l’argent, alors, cette vie va être longue.

 

NEWTON

Notre monde est un pommier. Vous êtes ses pommes.
Grosses, malades, mures, vertes ou fripées,
Tout en haut, prés du sol ou cachées,
Nous devons en accepter tous les défauts, nos imperfections d’Homme,

Ne pas regretter nos manques, nos choix,
Sur des chemins heureux, détournés ou plombés,
Vie lumineuse ou d’affamés,
Destin éteint, à demi-maux ou de roi,

Mais, pendues ici ou là, ces pommes aux diverses destinées,
Finissent toutes par se détacher,
Pour retomber sur terre, s’y enfouir,
Et ce pommier nourrir.

 

Accusé, Levez-Vous..

La réputation est la moyenne des avis d’inconnus rapportée par une personne. Connue, elle.

Et c’est malheureusement à cet instant que tout peut basculer. Car le colportage d’individus de confiance en individus de confiance nourrit la réputation : il est crédible même si cette réputation est inexacte. Et elle devient une réalité. La vérité. Que les individus sans éthique se feront alors aussi un plaisir de répandre….puisque que, pour une fois, c’est la vérité.

La « bonne » parole est à la réputation ce que la masse est au forgeron : un outil de déformation, de transformation. Et plus tu parles, plus tu frappes, plus le fruit du travail est aiguisé. Gravé pour la réputation. Acéré pour notre objet artisanal.

La réputation nous précède. Elle est déjà là dans la pièce où nous arrivons et connecte les pensées de nos hôtes. Que la réputation soit excellente ou de caniveau.

C’est tout de même plus valorisant que l’indifférence.

Mais, lorsqu’il nous arrive d’être ce corps de l’hôte, ce juge de l’autre, le piège est de faire confiance à la réputation de….

Vous n’auriez alors plus aucune influence sur votre environnement.

Ce qui vous condamnerait à la réputation d’inutile.