NOS ENFANTS

Au milieu des mots, des blagues, des croyances, des certitudes d’un soir,
Aussi des regrets des lendemains d’avoir voulu encore donner la leçon,
Nous sommes parfois, toi et moi, de grands bavards,
Mais, l’unique importance du moment est l’initiative de votre dernier garçon,

Dévasté, il y a deux ans,
Le visage tourné un instant vers le ciel,
Le voilà debout et le regard droit devant,
Vous l’accompagnez et voilà bien l’essentiel,

L’issue, l’histoire feront les conversations de nos lendemains,
Mais, c’est aujourd’hui qu’il faut reconnaître, qu’il faut applaudir,
Profiter du pari et du courage de ses mains,
Car c’est du risque qu’il faut se nourrir….,

…………c’est dans la seule aventure de famille, dans les seuls liens du sang,
Au risque de choquer certains, que nous écrivons nos plus belles pages,
Celles de la fierté honnête et de la satisfaction d’être bien vivant,
Celles qui sont marquées au fer rouge et dans lesquelles, pour s’extraire, nous puisons la rage,

Observant le présent, le futur et le passé autour de nous,
Reconnaissant l’inexorable issue, celle que vous avez déjà affronté,
Une réussite ou une déception auront le point commun de l’apprentissage et de l’estime de vous,
Le goût du contre-pied à un moment qui vous a étranglé,

Soyez, à l’instant, assurés que tout ce qui est à venir sera, quoi qu’il en soit, un succès.

EN PASSANT…..V

Chaque jour qui passe, j’essaie d’être moins con. C’est dur quand même. Ce naturel qui revient…

Continuez à vous regarder le nombril. A défaut d’utiliser votre cerveau, vous occuperez vos yeux et votre langue.

J’ai été longtemps enfermé dans une tête et ses croyances. Le temps résiduel d’une éducation. J’ai cru longtemps que mon univers était le plus juste et ceux qui le ralliaient ne pouvaient qu’être protégés. Pourtant tétanisé par le regard et l’opinion, j’imaginais que tout être convergeait, comme aimanté, vers ma seule personne. Ce n’étaient que pathologies.

Ceux qui savent manipuler le monde du travail comme un jouet, en se faisant plaisir puis en sachant le ranger, possèdent une clé du bien-être. 

DES ECRITS VAINS !

Connaissez vous un autre domaine que l’écriture qui soit aussi « pur » et qui vous offre, sans condition matérielle, n’importe où pourvu qu’il y est du silence, de vous retrouver libre et face à l’immensité du mariage des mots. Il est des mots, anodins pris séparément, qui sont capables, mis en commun, de perforer comme un impact de balle.

L’écriture est une page blanche sans rebords.  Ecrire, c’est penser, s’observer, se critiquer. Si vous voulez transmettre une idée en laquelle vous croyez dur comme fer,  vous êtes libres de le faire. Même si cette idée n’est que le fruit tout relatif de votre éducation et de vos expériences.

Faites attention simplement à autrui en acceptant qu’il est libre de la recevoir ou pas : l’écrivain dictateur n’est pas un bon « concept ». Hitler s’y est essayé : l’histoire s’est mal terminée pour lui. Reconnaissons aussi que son stylo a fait beaucoup de morts….Pour Charly Hebdo, c’est l’inverse qui s’est passé.

Difficile de faire plus simple que l’écriture.

Difficile de se sentir exister plus simplement qu’en écrivant.

Ecrire est une bulle vide de tout et riche de toi.

EN PASSANT….IV

« Ce qui est ordinairement le plus envié, c’est la gloire » écrit René Descartes : l’industrie du luxe et de la vanité est, restera florissante. Vous pouvez investir.   

La valeur qui a connu la plus grande inflation ? Celle de la parole et des mots.

Les êtres chers ont leurs défauts. En l’acceptant, nous corrigeons aussi les nôtres.

Dans le DON DE SOI, il faut aussi analyser les limites de l’autre. Et, parfois, son honnêteté, son opportunisme….Notre envie et son besoin ont des zones communes. Et, aussi, comme des îles dans un archipel, des zones qui ne se touchent pas…

PETITE GUEULE

Il y a les autres que l’on aime. Une minorité.

Il y a les autres que l’on fréquente par obligation et ceux que l’on ne connaît pas. La majorité.

Le regard de la majorité ne peut être un frein dans notre vie personnelle. Il serait un frein trop puissant. Il est vital de s’en affranchir. Dans le cas contraire, tu meurs sans avoir vécu.

Mais ton mépris à l’encontre de cette majorité ne peut être ton moteur de vie. Il n’est pas un terreau de fierté. Tu meurs « petit ».

L’égo doit être abaissé à son seuil minimal; à savoir celui de la considération personnelle et de la juste estimation ou prise de conscience de soi, de ses traits de caractères qui font l’unicité, les défauts, les qualités.

Et la jalousie de l’autre, de ce qu’il possède  ne peut être que bannie. Rejetée à chaque fois qu’elle te frappe.

Un travail d’équilibriste. Avec, à la clé, l’obligation de s’efforcer de réduire son temps de parole. Et donner une valeur à ce qui se dévalue un peu plus chaque jour : les mots. Puis prendre des initiatives. Des risques.

Tu ressentiras alors, au quotidien, la bienveillance du regard de cette minorité et la satisfaction discrète de ton regard posé sur toi-même.

VENEZ A MON ENTERREMENT….

…. Vous aurez l’impression de m’avoir connu,
Venez prendre l’air,
Vous ne serez pas déçus
Et devriez vous y plaire

Vous rencontrerez les gens,
Qui, comme vous, viennent rendre hommage au temps qui passe,
Puis disparaissent, en serrant les dents,
Car leur jour viendra où leur visage s’efface,

En attendant, la cérémonie a pris assez de temps,
La parenthèse a désorganisé nos priorités,
Nous avons parlé suffisamment,
Et perdu la journée,

Le mort ne peut nous occuper plus longtemps,
De toute façon, c’était un ami lointain,
En tout cas, nous n’avions pas assez de temps,
Pour multiplier les croisées de nos chemins,

C’était finalement un mec bien,
Mais à qui, finalement, je ne savais que dire,
En fait même, dont je ne connaissais rien,
Je croyais tellement avoir d’autres choses importantes à faire, à construire.

Venez à mon enterrement
Venez prendre l’air,
Et me rendre important,
Au moins le temps de prières éphémères.

MODELE SIMPLE

« C’est la comparaison qui crée le manque »(A. JOLLIEN).

Etre ou paraître. Telle est la question. Ou comment faire la différence entre ce dont nous avons besoin et ce dont nous avons envie. Faire la différence entre ce qui nous correspond viscéralement et le désir qui est créé, en permanence, au contact d’autrui.

Ou comment rester à sa place. Et ne pas se disperser. Sans être aigri ou envieux.

Rares sont les individus dont le destin semble actionné dés leur arrivée sur Terre. Ils sont naturellement surdimensionnés mentalement, physiquement : ils règlent les questions sans heurts dans leur existence et avancent à pas de géant. Ils vont là où ils doivent aller. Et ils ont tout le temps pour réussir leurs objectifs, créer la tendance, inventer ou influencer la planète.

Pour la majorité des entrants, les « autres », la jeunesse est d’abord un lieu d’influences : celle des bases positives ou traumatisantes de l’éducation, celle des rencontres positives ou destructrices.

Influence des images quotidiennes de la réussite, de l’échec. Cette dernière est fondamentale car elle conditionne un référentiel artificiel du bonheur et du malheur. Le jeune adulte arrive sur le terrain avec une somme d’ingrédients dont il pense, à priori, savoir si ils serviront à sa réussite ou à son échec. Il pense savoir où aller et, parfois, savoir vers où détourner son prochain.

Et c’est à ce moment où l’individu est le plus dynamique, où la vie offre son plus grand champ de vision, que cet individu perpétue, avec sa plus grande force, ces valeurs qu’il pense siennes. Mais qui ne sont autres que l’expression des valeurs de son environnement familial et des valeurs de la société telle qu’elle est montrée au quotidien.

La question est donc d’analyser les valeurs sociétales modernes : il me semble que l’individu entrant est vite détourné des choses simples et de l’effort ou du temps de réflexion.

L’ambiance est plus à la compétition permanente. Au désir de posséder tout si possible ou autant que l’industrie peut produire. A la sensation que la planète n’est plus qu’un terrain de jeux pour tous. Facilement accessible. Vous y ajoutez la vitesse de l’intelligence artificielle de nos outils modernes; je n’ai pas écrit « adaptés ».

Dans la mesure où nous ne sommes pas tous des compétiteurs, que nous sommes tous imparfaits et perclus de faiblesses, comprenez que le décalage entre la capacité de l’individu et l’aspiration idéale croît et dérange.

Quelques uns vont s’adapter « à la régulière », s’user à la force des bras et de leur mental. Côtoyer, en guise de bouée temporaire, le psy, le gourou. Puis passer au dessus de la haie. Ou bien en dessous.

D’autres vont faire à autrui, sous prétexte de sauvegarde de leur personne, ce qu’ils ne voudraient pas qu’autrui leur fasse. Leur miroir sans teint leur permet de survivre.

Enfin, certains vont faire des choix. Et c’est là que je vous emmène.

Il ne s’agit pas de se contenter de l’adage simpliste « il faut se satisfaire du nécessaire ».

Il s’agit de creuser et de savoir ce qu’on aime faire et ce qu’on aime vivre : il faut savoir le reconnaître et l’admettre. L’exercice se fait à la période de maturité. Après celle de l’insouciance puis celle des découvertes et de l’apprentissage; après celles des expériences.

L’exercice se fait dans le silence.

L’exercice fondateur de l’individu consisterait alors à reconnaître, finalement, ses sources de plaisir et de reconnaissance. Ses moteurs de vie.

Sa nature profonde. Et l’isoler. L’écrire par exemple pour mieux l’imprimer dans ses nouvelles croyances.

Cette liste des satisfactions naturelles n’est autre que le centre de vie de demain.

Et, par opposition, elle rejette aux frontières de l’inutile, du secondaire ou du superflu, les activités, les objets, les relations qui n’ont pas été identifiées.

L’équation de la liste des satisfactions naturelles permettra à l’individu, en s’y limitant, d’être égal à lui même.

La longueur de cette liste est libre. L’exercice n’est pas limitatif. Il est simplement contemplatif.

Aux seules conditions d’être lucide, honnête avec soi-même.

D’acceptation de modération des ambitions matérielles et de réduction du nombre et de la vitesse des activités.

De suppression du sentiment de jalousie en réduisant son ego.

En étant égal à soi même et en paix avec ses aspirations, le regard de l’autre, qui ne manquera pas de se poser sur vous plusieurs fois quotidiennement, sera analysé et rangé.

Et vous maîtriserez, car vous l’accepterez, votre organisation du temps et la chronologie de vos ambitions.

Le silence est l’avenir de l’individu.